Une nouvelle guerre de l’énergie se joue sans doute

Posté le 5 juillet 2017

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Une nouvelle guerre est sans doute en train de se jouer entre les différents producteurs d’énergie.

Je l’ai évoqué dans mon commentaire hier en l’intitulant « le baril bientôt orphelin de l’OPEP ? », mais cette guerre ne s’arrête pas au pétrole et les retombées touchent un grand nombre de pays.

Acculé ou par provocation, le Qatar a annoncé une hausse de 30 % de sa production de gaz naturel liquéfié. Il renforcerait par ce fait sa position de premier producteur et premier exportateur de GNL, à un moment où le prix du baril a connu une certaine faiblesse qui vient rogner les revenus de l’Arabie Saoudite. Or l’Arabie Saoudite est en première ligne dans le conflit avec le Qatar.

D’autant plus que cette annonce intervient juste après l’annonce de Total, qui a signé un accord pour accroitre la production de gaz en Iran, d’ailleurs sur le même gisement que celui du Qatar.

Le marché du gaz risque donc d’être saturé et ce qui risque de poser des problèmes aux producteurs américains, australiens et russes, car les coûts de production du Qatar sont bien inférieurs.

La Russie serait particulièrement affectée par cette hausse de la production de gaz alors que S&P s’interroge déjà sur la capacité de l’économie russe à se redresser.

Alors que S&P se montrait confiant en ayant rehaussé les perspectives de la note de la Russie de stables à positives en mars, il s’interroge maintenant sur les risques que font peser la conjonction de la baisse du prix du baril de pétrole, d’un round de nouvelles sanctions et d’une incapacité de l’économie russe de se redresser.

Effet négatif en plus

On l’oublie, mais la Grande-Bretagne est évidemment aussi affectée par la baisse du prix du baril, et cet élément intervient dans un contexte en plus particulièrement délicat pour l’économie anglaise.

Le navire craque de plus en plus et des voies d’eau commencent tout doucement à envahir la coque.

Chaque jour distille son lot de mauvaises nouvelles. Après l’indice PMI manufacturier, c’est au tour de celui du secteur de la construction de s’afficher en recul à son niveau le plus bas depuis 18 mois.

Pour tenter de préserver leur clientèle, les grandes surfaces en Grande-Bretagne se sont engagées dans une bataille des prix, ce qui a entrainé une baisse de -0.3 % sur un an en juin des prix en magasin. Cette guerre des prix se fait évidemment au détriment des marges et risque donc d’entrainer de sérieuses restructurations dans le secteur.

L’indice PMI des services sera analysé avec beaucoup d’attention, car le poids de ce secteur est primordial dans l’économie anglaise.

Et malgré tout cela, la BOE va devoir agir sur les taux pour empêcher un dérapage inflationniste qui viendrait encore aggraver la situation. Mais pour le moment, les anticipations sont encore prudentes comme le montre l’évolution du rendement de l’obligation à 10 ans qui affiche une hausse comparable au bund 10 ans, d’environ une vingtaine de points.

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