Une première qui annonce un deuxième ?

Posté le 8 juin 2017

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Pour la première fois, le mécanisme de résolution des crises bancaires a été activé.

Activation du MRU

L’objectif de ce mécanisme est d’éviter qu’un État membre ne soit contraint de renflouer une banque privée avec de l’argent public.

Ce mécanisme a été mis en place en mars 2014 et confie à la BCE le rôle de sauver ou de démanteler une banque en difficulté.

Ce mécanisme a donc été activé pour sauver la banque Banco Popular en 24 heures. Sous la supervision de la BCE, cette dernière a été reprise pour l’euro symbolique par la banque Santander.

Comme l’avait prévu le MRU, l’État espagnol n’est pas intervenu, mais par contre les détenteurs d’actions de la Banco Popular ont tout perdu et les détenteurs de deux types d’obligations ont également tout perdu. Il s’agit de respectivement 7 milliards d’euros et de 2 milliards d’euros.

Pour Santander, le coût n’est pas d’un euro, mais de 7.9 milliards d’euros, soit le montant que représente les mauvais emprunts qui plombaient le bilan de la Banco Popular.

Cette décision a permis d’éviter un effet de domino qui aurait été très dommageable pour le secteur financier espagnol et même européen.

Réunion de la BCE

La BCE a clairement joué un rôle actif dans cette décision comme le prévoit le mécanisme et devant la fuite des capitaux a décidé d’agir.

Mais bien évidemment, la BCE est attendue maintenant sur sa vision économique et sur sa politique monétaire.

Même si aucun changement de politique n’est attendu, un message plus positif sur l’état de l’économie européenne et l’abandon du biais baissier sera déjà un changement extrêmement important.

Pour une analyse en détail des enjeux, je vous renvoie au commentaire extrêmement clair et détaillé de mon collègue Piet Lammens de KBC. https://multimediafiles.kbcgroup.eu/ng/published/WP/PDF/marktenzaal_pdf_dagelijks_marktrapport_FR.pdf

Le syndrome Chirac

Theresa May va-t-elle perdre sa majorité alors que son seul objectif était au contraire de renforcer cette dernière.

Les conservateurs devraient remporter ces élections, mais pour autant ils ne sont pas du tout certains de garder la majorité, ce qui affaiblirait Theresa May dans les négociations pour le Brexit.

De nouveau l’écran de fumée

Cette semaine est importante par la réunion de la BCE, mais elle est de nouveau dominée, vampirisée même par le politique.

Avec des élections en Grande-Bretagne qui sont plus un caprice qu’autre chose de la part de Theresa May. Par aussi évidemment le premier tour des élections législatives en France ce week-end qui devraient entrainer un deuxième cataclysme. Et par l’audition de l’ancien patron du FBI qui devrait encore un peu plus fragiliser la position de Trump.

Sans oublier évidemment le risque d’escalade en Corée du Nord, la mise en alerte des forces militaires au Qatar, et le risque d’escalade entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Et pourtant, les perspectives économiques sont bonnes comme l’a souligné l’OCDE lors de ses dernières prévisions. Elle parle d’une «embellie bienvenue, mais insuffisante », tout en soulignant que les perspectives sont les meilleures depuis 2011.

Le tableau reprend en détail les prévisions de l’OCDE qui table donc sur une croissance mondiale de 3.5 % en 2017 et de 3.6 % en 2018.

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La situation en Chine se stabilise

Les derniers chiffres sur les flux d’importations et d’exportations en Chine se sont révélés meilleurs que prévu et confirment la stabilisation de son économie.

Les exportations ont progressé de 8.7 % en chiffres annuels contre 8 %, et les importations affichent une hausse de 14.8 % contre 11.9 % en dépit de la baisse des prix des matières premières.

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