Aplatissement de la courbe US, quel signal ?

Posté le 7 juin 2017
New York, USA - August 22, 2016: Known as a symbol of capitalism and prosperity, The New York Stock Exchange is also popular tourist attraction located in downtown Manhattan.

New York, USA – August 22, 2016: Known as a symbol of capitalism and prosperity, The New York Stock Exchange is also popular tourist attraction located in downtown Manhattan.

La courbe en dollar s’est sensiblement aplatie sur un an.

Aplatissement de la courbe

Comme le montre le graphique, la courbe en dollar s’est aplatie entre le début de l’année passée, courbe en mauve, et actuellement, courbe en orange.

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Cet aplatissement peut en partie se comprendre par la remontée des taux de la part de la FED que nous avons connus depuis plus d’un an. Pour rappel, la FED a augmenté son taux deux fois de 25 bp et devrait encore faire de même à sa prochaine réunion.

Et sur le graphique, on retrouve ces hausses de taux dans le différentiel de taux (bâtonnets en orange) pour les échéances courtes.

Mais par contre, le recul de taux longs interpelle alors que d’autres hausses de taux sont attendues. Faut-il l’interpréter comme le signal que le marché ne croit pas à une hausse de l’inflation dans le futur ?

La perspective de voir la FED ne pas renouveler les obligations arrivant à échéance pèsera plus sur les obligations à court terme qu’à long terme et peut donc aussi expliquer ce mouvement.

On pourrait donc voir la courbe encore plus s’aplatir dans le futur, par la hausse des taux de la FED, dans un univers peu inflationniste, où cette dernière ne renouvelle pas les échéances courtes dans son bilan.

À moins que cet aplatissement ne soit le reflet d’une recherche par les investisseurs d’un rendement sûr dans la crainte d’une détérioration de l’état de l’économie américaine ?

Récession

Pour l’Afrique du Sud, la question de la détérioration de l’économie ne se pose même plus, puisqu’elle est entrée en récession.

Comme le montre le graphique, la croissance a reculé sur deux trimestres successifs, signe d’une récession. Après une baisse de -0.3 % au dernier trimestre 2016, la croissance a reculé de -0.7 % au premier trimestre 2017.

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Le secteur minier ainsi que la consommation intérieure sont les principales raisons de cette forte dégradation de la situation économique. La pression va encore augmenter sur le Président Zuma, déjà accusé de corruption, et qui va avoir bien du mal à défendre un bilan économique qui se révèle désastreux.

Déjà sous pression, la note de l’Afrique du Sud pourrait encore être dégradée par Moody’s qui vient, il y a peu, de la faire passer à Baa2.

Record

L’Australie par contre affiche un record de la plus longue période sans récession. Elle n’a en effet pas été en récession technique, donc deux trimestres successifs en recul, depuis 1991.

Pour le premier trimestre 2017, l’Australie a connu une croissance de 0.3 %, soit en taux annuel de 1.7 %.

Mais ce record ne peut cependant pas masquer le fait que la croissance au quatrième trimestre était de 1.1 %, et que donc ce début d’année est marqué par un sérieux ralentissement. Et aussi qu’une croissance annuelle de 1.7 % est le taux le plus bas depuis septembre 2009.

L’endettement excessif des ménages pèse sur la consommation intérieure ce qui explique en partie le ralentissement observé en ce début d’année et pourrait encore peser pour les prochains trimestres.

Inflation en Belgique

Selon le Bureau du Plan, l’inflation en Belgique devrait refluer après son pic de début d’année. En cause bien évidemment le prix du baril qui avait fortement monté sur un an et qui devrait se stabiliser.

Sur base d’un prix du baril à 53 $ en 2017 et 2018, le Bureau du Plan estime que l’inflation en Belgique devrait être de 2.1 % en 2017 et de 1.5 % en 2018.

Cela signifie que l’on ne devrait plus avoir de dépassement de l’indice pivot en 2017 et en 2018 selon ces prévisions.

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