Le dollar sous pression

Posté le 16 mai 2017
Dollar, euro, pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Dollar, euro, pound and yen signs. Ñurrency exchange concept. 3d

Nouveau scandale aux États-Unis contre nouvelle dynamique en Europe. La journée d’hier a encore été marquée par des accusations affirmant que Trump aurait transmis aux Russes des documents confidentiels.

Recul du dollar

Faut-il dès lors s’étonner de voir le dollar se tasser alors que la position de Trump se fragilise un peu plus chaque jour ?

Il faut aussi reconnaitre que la hausse du prix du baril a pesé un peu sur le dollar. Pour comprendre cette hausse du prix du baril, je vous incite à visionner ma vidéo d’hier. https://blogs.cbc.be/bernardkeppenne/category/videos/

Et pourtant, les indicateurs aux États-Unis sont encourageants avec entre autres ceux qui concernent le marché immobilier.

Ainsi, l’indicateur NAHB, indicateur de confiance des entrepreneurs, qui continue de rester accrocher dans les cimes comme le montre le graphique. Après avoir touché en mars son niveau le plus élevé depuis juin 2005, cet indice ne faiblit pas ce qui augure de très bonnes perspectives pour les mois qui viennent.

graphe20170516

Mais il faut aussi souligner que le scénario de deux hausses de taux de la part de la FED cette année n’apporte plus beaucoup de soutien au dollar.

Fermeté de l’euro

Et qu’à contrario, l’euro bénéfice d’un climat plus favorable et aussi que les flux de capitaux ont tendance à revenir en Europe, ce qui renforce l’euro.

Le débat sur une fin plus proche que prévu de la politique ultra accommodante de la BCE explique évidemment aussi ce renforcement de l’euro alors que les indicateurs continuent de montrer une amélioration.

Par exemple, le Portugal a connu une croissance de 1% au premier trimestre de cette année contre un taux de 0.7% le trimestre précédent. Soit un taux annuel de 2.8% contre 2%, avec une accélération de cette croissance sur les derniers trimestres comme le montre le graphique.

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Et l’euro profite aussi d’un certain effet Macron et des espoirs de voir ce dernier donner une nouvelle dynamique à l’UE.

En tout cas le dernier rapport du FMI sur l’Allemagne tombe à point nommé. Ce dernier invite l’Allemagne à augmenter les salaires et à investir.

« La marge de manœuvre budgétaire devrait être consacrée à des initiatives qui renforcent le potentiel de croissance, telles que l’investissement dans les infrastructures physiques et numériques, la prise en charge de l’enfance, l’intégration des réfugiés et l’allègement des charges fiscales sur le travail » estime le FMI.

En évoquant la hausse des salaires, le FMI met le doigt sur une contradiction dans la position des Allemands. Ces derniers voudraient que la BCE augmente ses taux pour ne plus pénaliser les épargnants allemands. Et dans le même temps, ils ne veulent pas entendre parler de hausse des salaires alors que justement une hausse des salaires entrainerait une hausse de l’inflation qui inciterait la BCE à augmenter ses taux.

Hausse de l’inflation

Par contre, la BOE va voir sa marge de manœuvre encore se réduire si les chiffres de l’inflation sont confirmés en Grande-Bretagne.

Deux indicateurs donneraient la même tendance, à savoir, le Retail Price Index qui devrait progresser de 0.5 % d’un mois à l’autre contre 0.3 %, soit un taux annuel de 3.5 % contre 3.1 %. Et le core CPI, qui est attendu à 2.2 % contre 1.8 %, alors que l’objectif de la BOE est de 2 %.

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