L’Europe dépasse les Etats-Unis

Posté le 4 mai 2017

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L’un supplante l’autre et je ne parle pas du débat, qui était tout sauf un débat présidentiel, mais de la croissance.

Croissance en zone euro

La croissance dans la zone euro dépasse en effet largement la croissance américaine après l’annonce d’une hausse de 0.5 % au premier trimestre. Soit en croissance annuelle, un taux de 1.7 % pour la zone euro contre un maigre 0.7 % aux États-Unis.

En tenant compte de la révision du chiffre au quatrième trimestre à 0.5 % contre 0.4 %, la zone euro pourrait afficher pour l’ensemble de l’année une croissance de 1.8 %.

Il y a donc une juste adéquation entre les indices de confiance et les chiffres réels dans la zone euro à contrario des États-Unis. Et la publication des indices PMI des services devrait totalement confirmer cette situation avec un indice composite attendu stable à 56.7.

Une victoire de Macron, selon un sondage après le débat 63 % des personnes interrogées l’ont trouvé le plus convaincant, donnerait en plus un élan complémentaire et lèverait un sérieux frein.

Statu quo de la FED

Ce n’est évidemment pas une surprise de voir la FED annoncer un statu quo. Elle a dans le même temps confirmé son scénario de deux hausses de taux en 2017 en déclarant que « le comité considère que le ralentissement de la croissance au premier trimestre est vraisemblablement transitoire ».

Elle constate que les fondamentaux sont solides, et surtout que le marché de l’emploi continue de se renforcer.

D’ailleurs le chiffre des créations d’emploi dans le secteur privé, publié par ADP, confirme cet état de fait. Pour le mois d’avril, les créations d’emploi dans le secteur privé ont été de 177.000 contre 255.000 le mois précédent.

Selon les prévisions, les créations d’emploi devraient être de 185.000 en avril contre 89.000 le mois précédent, avec un taux de chômage à 4.6 % contre 4.5 %, verdict demain.

Consolidation en Chine

Après l’indice PMI manufacturier, c’est au tour de l’indice PMI des services de se tasser légèrement à 51.5 contre 52.2. Ce tassement observé est sans doute le reflet de la volonté des autorités de brider un peu le crédit pour éviter les surchauffes en particulier dans le secteur immobilier.

Ce qui a aussi un impact sur le secteur financier, mais sans remettre en cause fondamentalement le rythme de la croissance.

Changement de ton en Australie ?

Après la FED, d’autres banques centrales préparent tout doucement les marchés à une remontée des taux. Cela sera sans aucun doute le cas de la BCE avec une première approche en juin, mais aussi celui de la banque centrale d’Australie.

Alors qu’elle vient de laisser pour le neuvième consécutif son taux inchangé à un niveau record de 1.5 %, son gouverneur a mis en garde les ménages.

Il a estimé que ces derniers devaient être prêts à une augmentation des taux « à un moment donné ». Philip Lowe s’inquiète du niveau de la dette des ménages et il estime que « le ratio dette/revenu des ménages, qui est à un niveau record, a rendu l’économie moins résistante aux chocs futurs ».

Ce constat ne se limite pas à l’Australie et nous sommes clairement au début de l’amorce du processus de normalisation des taux avec une hausse cependant très modérée et graduelle, mais une hausse qui se précise tout doucement.

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