Pas de printemps pour les banques centrales

Posté le 28 avril 2017

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La BCE a maintenu son ton prudent et a même encore laissé la porte ouverte à de nouvelles mesures si nécessaire.

Message de la BCE

Message en deux temps, d’abord se montrer confiant pour ensuite mettre en avant la faiblesse de l’inflation, faiblesse qui demeure la pierre angulaire de la politique de la BCE.

« Les dernières données disponibles depuis notre réunion du mois de mars confirment que la reprise cyclique de l’économie de la zone euro devient de plus en plus solide et que les risques baissiers ont encore diminué » a déclaré Mario Draghi.

Un exemple, après les indices PMI et IFO, l’indice de confiance de la Commission, qui se situe, comme le montre le graphe, à son niveau le plus élevé depuis 10 ans.

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Dans un deuxième temps, le message de la BCE est resté celui d’une grande prudence ; « dans le même temps, les pressions sur l’inflation sous-jacente continuent de rester limitées et doivent encore manifester une tendance haussière convaincante ».

Mario Draghi s’est sans doute montré moins convaincant sur ce point surtout pour les Allemands, alors que l’inflation en Allemagne repartait à la hausse à 2 % contre 1.5 %. Le statu quo monétaire ne faisant absolument pas l’affaire des épargnants allemands avec un taux d’inflation en hausse.

Cette hausse devrait aussi être confirmée pour le chiffre de l’inflation dans la zone euro qui est attendue à 1 % contre 0.7 % pour l’inflation de base et à 1.8 % contre 1.5 % pour l’inflation globale.

Les propos de Mario Draghi ont légèrement pesé sur l’euro et sont finalement assez conformes à ceux du président de la Riksbank, la banque centrale suédoise.

Ce dernier a aussi laissé ses taux inchangés, mais n’en exclut pas moins une baisse des taux encore, tout en prolongeant de 15 milliards de couronnes suédoises le programme de rachat d’actif jusque fin 2017. Et également en reportant la hausse des taux initialement anticipée en début d’année 2018 au milieu de celle-ci.

La BOJ trop optimiste

La BOJ se montrait très optimiste hier comme je le soulignais, trop optimiste sans doute quand on observe les chiffres publiés ce matin.

La douche est une vraie douche froide avec un taux d’inflation qui ne décolle pas et même pire. Le taux d’inflation a augmenté de 0.2 % alors que l’on tablait sur un taux de 0.3 %, mais surtout le taux d’inflation de base, hors alimentation et énergie, a reculé à -0.1 %.

Et la deuxième déception est venue du recul de -1.3 % des dépenses de consommation, recul plus marqué que les anticipations.

Premier trimestre décevant

À propos de faiblesse de la consommation, le premier trimestre aux États-Unis n’a pas seulement été marqué par une chute de la popularité de Trump mais aussi par une consommation anémique.

Conséquence, la croissance aux États-Unis au premier trimestre est attendue à 1.2 % en chiffres annualisés contre 2.1 % au dernier trimestre 2016. La consommation intérieure qui avait affiché une croissance de 3.5 % l’année passée ne devrait plus avoir connu qu’une croissance de 1 %.

La réforme fiscale prendrait encore plus de sens après cette baisse de la consommation intérieure mais pour autant qu’elle soit crédible, réaliste et finançable, ce qui ne semble pas le cas pour le moment.

Et pour faire diversion, Trump a encore sorti une série de propos provocants comme « major, major chance conflit with N Korea » ou encore vouloir renégocier « horrible » deal avec la Corée du Sud, ou que les États-Unis ont perdu de l’argent en défendant l’Arabie Saoudite et que s’il y a un shutdown, il y aura un shutdown et que cela sera la faute des démocrates. Un vrai florilège de bonnes intentions et de vraies mesures en résumé !

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