L’inflation joue au yo-yo

Posté le 31 mars 2017
Tokyo, Japan - May 16, 2014: Passengers hurry at Ikebukuro station in Tokyo, Japan. Ikebukuru is the second-busiest railway station in the world

Tokyo, Japan – May 16, 2014: Passengers hurry at Ikebukuro station in Tokyo, Japan. Ikebukuru is the second-busiest railway station in the world

Le signal est encore faible, mais il y a quand un même un léger frémissement de retour de l’inflation au Japon.

Inflation au Japon

Après une hausse de 0.1%, l’inflation de base a augmenté de 0.2% sur un an, soit le meilleur chiffre depuis avril 2015. Mais nous sommes encore très loin évidemment de l’objectif de la BOJ qui se situe à 2%.

Preuve de la fragilité de l’économie nippone, qui fait un peu exception, les dépenses des ménages ont chuté de -3.8% sur un an. Comme l’illustre le graphique, ces dépenses de consommation ont presque systématiquement reculé depuis plus d’un an et pèsent donc lourdement sur l’absence de croissance au Japon.

graphe20170331

Dans ce contexte, aucun changement de politique de la part de la BOJ ne doit être attendu. Surtout que l’inflation de base à Tokyo, qui est un peu la référence, a reculé de -0.4% contre -0.3% le mois passé.

Recul de l’inflation

Comme prévu, l’effet pétrole s’estompe et l’inflation en zone euro se tasse comme l’ont montré les chiffres publiés pour l’Allemagne et l’Espagne.

Cela a offert à la BCE une pause dans les pressions sur un changement de sa politique et cela explique aussi pourquoi l’euro s’est tassé par rapport au dollar et au sterling.

L’inflation en Allemagne est revenue à 1.5% en chiffres annualisés contre 2.2% en février. Et en Espagne, elle est retombée à 2.1% contre 3%. Et dans les deux cas un niveau plus bas qu’anticipé.

L’inflation en zone euro attendue ce vendredi va suivre la même tendance et est prévue à 1.8% contre 2%, et l’inflation de base devrait revenir à 0.8% contre 0.9%.

Pour autant, la BCE ne pourra pas échapper au débat sur le début de son changement de politique, mais pour cela il faudra attendre le résultat des élections en France.

Poursuite des bonnes surprises

A l’exception du Japon, comme je l’ai rappelé, les indicateurs économiques sont globalement très positifs.

Ainsi, en Chine, l’indice PMI manufacturier a progressé à 51.8 contre 51.6, soit son niveau le plus élevé depuis avril 2012. Et l’indice PMI des services n’est pas en reste avec une hausse à 55.1 contre 54.2, soit son niveau le plus élevé depuis mai 2014.

Cette hausse du secteur des services est le signe que le changement fondamental de paradigme est en train de porter ses fruits et le modèle de développement de la Chine basé sur la consommation intérieure assure la croissance.

Autre bonne nouvelle, le PIB au quatrième trimestre aux Etats-Unis a progressé de 2.1% contre une précédente estimation à 1.9%. Cette croissance a été assurée pour une bonne part par la consommation intérieure qui a progressé de 3.5% contre 3% estimé précédemment.

Le bonne tenue du marché de l’emploi explique cette embellie de la consommation, mais en même temps met en évidence la faiblesse de l’économie américaine car pas suffisamment tournée vers l’exportation. Et les intentions de Trump risquent fort de renforcer cette faiblesse en prônant le repli sur soi.

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