La hausse des taux, un cycle , pas un pic

Posté le 17 mars 2017
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La hausse des taux de la part de la FED a inéluctablement un effet d’entrainement.

Changement de ton

La hausse des taux de la part de la FED oblige ou incite d’autres banques centrales à augmenter leur taux pour éviter une dépréciation de leur devise dans un contexte un peu plus inflationniste.

Ainsi, comme la dernière fois, les banques centrales d’Arabie Saoudite, du Koweït, des États Arabes Unis et du Bahreïn ont augmenté leur taux dans la foulée de la décision de la FED.

Mais plus étonnant, la banque centrale chinoise a augmenté de 10 bp le taux court terme de facilité de crédit pour éviter d’assister à une sortie de capitaux qui viendrait affaiblir sa devise.

La banque centrale de Turquie a agi de la même façon dans un contexte politique en plus qui fragilise la devise et une inflation beaucoup trop élevée.

Elle a décidé d’augmenter de 75 bp son taux de liquidité à 11.75 % sans pour autant toucher à ses autres taux. Il faut dire que cette dernière est fortement sous pression d’un pouvoir politique qui veut à tout prix gagner son référendum et qui ne veut donc pas voir le contexte économique se détériorer encore un peu plus.

Si la BNS a, comme prévu, laissé ses taux inchangés, la BOE a aussi agi de même, mais pour la première fois cette décision n’a pas été prise à l’unanimité.

Car un membre a voté en faveur d’une hausse de 25 bp, et il pourrait être suivi par d’autres lors des prochaines réunions comme l’a souligné le communiqué ; « certains membres ont noté qu’il ne leur faudrait que quelques données positives supplémentaires en matière de perspectives d’activité ou d’inflation pour les amener à envisager qu’une politique monétaire moins accommodante puisse être justifiée dans l’immédiat ».

Si la BOJ et la BCE ne sont pas prêtes dans l’immédiat à un changement de politique, surtout la BOJ, l’idée commence à faire cependant son chemin pour la BCE.

Ainsi, Ewald Nowotny, membre du directoire de la BCE, a laissé entendre qu’une hausse des taux pourrait être en réflexion et que la BCE augmenterait d’abord son taux de dépôt avant de toucher à son taux directeur.

Il s’agit du taux auquel les banques déposent auprès de la BCE et qui se situe pour le moment à -0.40 %. L’écart entre ce taux et le taux directeur, taux directeur qui est actuellement à 0 %, n’a pas toujours été constant, historiquement il était de 25 bp, et pourrait donc être adapté. Nowotny, a aussi précisé qu’une hausse de taux ne devait pas nécessairement intervenir au même moment pour tous les taux.

Il s’agit donc d’un changement de ton dans un contexte marqué par le retour de l’inflation et aussi bien évidemment directement impacté par la décision de la FED.

Maintenant, toutes les banques centrales ne sont pas prêtes à suivre le mouvement, mais la décision de la FED les contraint un peu plus. Ainsi, dans le cas de la Corée du Sud, la décision de la FED semble avoir totalement fermé la porte à une dernière baisse de taux.

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Pour la banque centrale de Norvège, qui a laissé son taux inchangé à 0.40 %, la situation est cependant plus délicate, car elle doit faire face à un recul de l’inflation.

En effet, la banque centrale voit cette dernière à 1.7 % contre 2.4 % en décembre, et pourrait donc encore baisser ses taux. Mais il s’agit presque d’une exception dans un contexte plus largement haussier sur les taux.

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