Le pétrole joue les trouble-fêtes

Posté le 13 mars 2017
Oil pump jacks at sunset sky background.

Oil pump jacks at sunset sky background.

La hausse des taux aux États-Unis est acquise et le dollar se tasse dans cette perspective.

Chiffres du chômage

Revenons sur les chiffres du chômage publiés vendredi. Le taux de chômage est revenu à 4.7 %, avec 235.000 créations d’emploi. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0.2 %, soit sur un an une hausse de 2.8 % contre 2.6 %.

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Le détail des créations d’emploi montre que le secteur de la construction a créé 58.000 emplois, soit la plus forte hausse depuis mars 2007 ; le secteur manufacturier 28.000, soit la plus forte hausse depuis août 2013.

Et autre point positif, le taux d’emploi a atteint son niveau le plus élevé depuis 8 ans à 60 % contre 59.9 %.

Les rendements obligataires ont légèrement progressé après ces chiffres, seul le dollar n’en a pas profité, affecté par des prises de bénéfice, et aussi par des interrogations sur la politique de la BCE et un changement de cap après l’été.

Chute du prix du baril

Le prix du baril affiche une baisse de 7 % en une semaine sous l’effet conjugué d’une hausse des stocks aux États-Unis et d’une accélération des ouvertures de puits d’extraction de pétrole de schiste.

Comme le montre le graphique, nous sommes revenus au niveau de septembre 2015 soit 617 puits, alors qu’il y a un an il avait 386 puits ouverts.

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Ce mouvement s’est clairement accéléré depuis l’accord de l’OPEP qui a permis au prix du baril de se redresser ce qui a entrainé une reprise de l’exploitation des puits existants mis en veilleuse.

L’effet collatéral se marque évidemment pour les devises qui sont liées à l’évolution du prix du baril, comme la couronne norvégienne, qui a sérieusement dévissé par rapport à l’euro comme le montre le graphique.

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Il faut dire aussi que l’inflation a reculé de façon assez marquée en Norvège avec une inflation de base qui est passée de 2.1 % à 1.5 %, relançant les perspectives de baisse de taux de la part de la banque centrale.

Le sterling sous pression

Le sterling est également sous pression, en partie à cause de la baisse du prix du baril de façon marginale, mais surtout à cause du contexte politique.

Theresa May doit en effet faire face à des obstacles en interne de la part du parlement qui retarde le lancement du processus de sortie de l’UE. Et l’UE ne semble pas vouloir non plus lui faciliter la vie et a déjà mis sur la table la note des engagements que la Grande-Bretagne avait acceptés dans la cadre de l’UE.

Et pour compliquer le tout, les indicateurs économiques commencent à inquiéter. Sans surprise les anticipations d’inflation ont augmenté à 2.9 % contre 2.8 % et pourraient encore se renforcer si le sterling accentue son repli.

La production industrielle a reculé de -0.4 % en janvier pour la première fois après 2 mois de hausse. Si le recul de sterling a clairement soutenu les exportations, la demande intérieure commence à marquer le pas.

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