Attention à l’érosion du pouvoir d’achat

Posté le 28 février 2017
Closeup of woman holding shopping bags on the street with copy space

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La croissance est toujours un difficile équilibre entre l’offre et la demande. Or ces dernières semaines, l’offre a retrouvé le chemin de la croissance et de la confiance, alors que la demande doute.

Je m’explique

Indices de confiance

Comme le montre le graphique, l’indicateur de confiance des entreprises publié par la Commission européenne a continué de progresser et s’affiche à son niveau le plus élevé depuis juin 2011.

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Il corrobore les autres indices de confiance dans l’industrie et les services, comme les indices PMI et l’indice IFO, qui se sont inscrits en général à leurs niveaux le plus élevé depuis 6 ans.

Par contre, les indices de confiance des consommateurs, comme le montre le graphique, ont tendance à connaitre un léger fléchissement à la baisse. En cause, la hausse de l’inflation qui vient éroder le pouvoir d’achat des ménages.

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Si je prends le cas de la Belgique, l’inflation est particulièrement pénalisante avec un niveau de 2.97% contre 2.65% selon le chiffre publié hier par le SPF Economie. Cette hausse de l’inflation est la conséquence de la hausse des prix des légumes, du gasoil de chauffage, du gaz naturel, des fruits frais et de l’électricité entre autres.

Vu le niveau des taux de rémunération des comptes d’épargne, cette hausse de l’inflation vient éroder les revenus des ménages comme je l’ai souligné dans un article publié dans la presse dernièrement et que je me permets de rappeler.

Quand notre pouvoir d’achat fond dans nos mains

La forte hausse de l’inflation en Belgique, et donc des prix de ce que nous achetons chaque jour au supermarché ou à la station essence par exemple, est une mauvaise nouvelle non seulement pour la compétitivité de notre pays, mais aussi pour notre portemonnaie.

Même si ces derniers mois, nous avons assisté à un léger recul, les Belges ont encore 245 milliards d’euros placés sur leurs comptes d’épargne. C’est environ 10 milliards d’euros de plus qu’en 2012, alors que les taux d’intérêts sur ces comptes suivaient exactement le chemin inverse jusqu’à atteindre un niveau proche de 0%.

Une double pénalité pour le Belge

Le principe du compte d’épargne est d’une part de garder sous la main une somme d’argent rapidement disponible et qui permet de faire face aux aléas de la vie. Ce compte fait donc partie à part entière d’un portefeuille de placement judicieusement diversifié. Et d’autre part, il sert aussi dans une logique de placement et permettait généralement d’obtenir un rendement en échange de la somme immobilisée. En plus, pour pouvoir bénéficier de la prime de fidélité, cette somme doit être immobilisée pour une plus ou moins longue période.

Pour relancer la croissance et lutter contre une inflation trop faible, la Banque Centrale Européenne (BCE) a considérablement réduit ses taux d’intérêt ces dernières années entrainant avec elle les taux d’intérêts de nos comptes d’épargne.

Mais la Belgique connait, à contrario de la zone euro, un taux d’inflation largement plus élevé que la moyenne européenne ce qui entraine une double sanction pour l’épargnant belge. Nous subissons non seulement la hausse de l’inflation en Belgique, mais aussi la baisse des taux d’intérêt.

Concrètement pour notre portefeuille

Si le taux d’intérêt perçu sur notre compte d’épargne semble positif, le taux réel, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation, est négatif. Nous perdons donc de l’argent sans nous en rendre compte. Selon le Bureau du Plan, le taux d’inflation en Belgique devrait s’élever à 2.2 % pour 2017, prévision faite avant la forte poussée de l’inflation constatée en janvier.

Pour l’année 2017, la rémunération des comptes d’épargne pour un placement sur 1 an avec prime de fidélité se situe à 0.11 % dans les grandes banques. Notre taux réel, c’est-à-dire, le taux offert par ma banque diminué de l’inflation, sera donc de -2.09 %. Cela signifie que chaque euro placé sur un compte d’épargne nous aura fait perdre 2.09 % à la fin de l’année 2017.

Le Belge se trouve donc doublement pénalisé, mais surtout par la forte hausse de l’inflation. Et en adoptant majoritairement le compte d’épargne pour ses placements, les épargnants se retrouvent dans la situation absurde de perdre de l’argent.

Diversifier nos placements

En gardant sur notre compte d’épargne un montant suffisant pour faire face aux aléas de la vie, il faut donc impérativement et parallèlement procéder à une diversification de notre portefeuille, c’est-à-dire en investissant éventuellement dans des fonds, des actions ou des obligations en fonction de notre profil de risque. D’autant plus que la BCE n’a nullement l’intention de remonter ses taux cette année.

 

En Grande-Bretagne on observe exactement le même phénomène, à savoir, un recul de l’indice de confiance des consommateurs sous la poussée de l’inflation.

Et ce n’est pas étonnant que  Martin Schulz, nouveau président du SPD, rattrape Angela Merkel dans les sondages, lui qui prône une hausse des salaires alors que l’Allemagne a vu l’inflation bondir à 1.8%.

Discours de Trump

Après l’annonce d’une hausse de 54 milliards de dollars des dépenses militaires, Trump devrait annoncer d’autres mesures lors de son discours devant le Congrès.

Mais la prudence est de mise, tout comme d’ailleurs le risque de déception, car les mesures qu’il pourrait annoncer risquent de prendre du temps avant d’avoir un réel effet sur l’économie.

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