Les conséquences de la chute du sterling

Posté le 24 février 2017
British paper currency and coins

British paper currency and coins

Si, globalement, l’inflation est contenue, trop faible même en zone euro, il y a quelques exceptions relativement inquiétantes.

Inflation en Grande-Bretagne

Et une exception, et de taille, est la Grande-Bretagne où la chute de la livre sterling a provoqué une hausse significative de l’inflation.

Mais le mouvement pourrait être encore plus brutal et inquiétant si l’on observe, voir graphique, les anticipations d’inflation publiées par la Confederation of British Industry.

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La hausse d’un trimestre à l’autre de 51 points est la plus forte hausse jamais observée et le niveau actuel est le niveau le plus élevé depuis le deuxième trimestre de 2011. Ce chiffre est assez dramatique, car une poussée de l’inflation de cette importance affectera de façon extrêmement brutale la consommation intérieure.

Si la BOE table sur un taux d’inflation à 2.6 % fin de cette année, cette hausse de cet indice fait craindre un taux d’inflation qui pourrait avoisiner les 3.7 %.

Aussi en Suède

Autre pays qui connait une hausse de l’inflation, mais dans des proportions totalement différentes, c’est la Suède.

L’inflation a, en effet, progressé à 1.9 % en taux annuel pour l’inflation de base, soit le taux le plus élevé depuis 6 ans.

Avec un taux central à -0.50 %, et un programme de rachat d’obligations, la banque centrale était une des banques qui avait été le plus loin dans l’assouplissement monétaire. Mais comme je le soulignais dans mon commentaire de ce mardi, cette politique n’a pas été sans conséquence sur l’évolution du marché immobilier.

Avec un objectif d’inflation à 2 %, la banque centrale ne peut dès lors plus envisager de baisses de taux, comme elle l’avait laissé sous-entendre lors de sa dernière réunion.

Baisse des taux longs

L’incertitude politique en zone euro et l’absence d’une hausse de l’inflation de base dans la zone euro ne plaident pas en faveur d’un changement de cap de la part de la BCE.

Et comme l’a rappelé Peter Praet, le chief economist de la BCE, « les récents épisodes d’incertitude politique sont une source de préoccupation et présentent un risque à la baisse pour les perspectives économiques ».

Dans ces conditions, la BCE ne va pas baisser la garde, ce qui explique le repli des taux longs dans la zone euro. (Voir le graphique avec en orange l’évolution du rendement du bund 10 ans et en mauve l’évolution du spread entre le bund 10 ans et l’obligation française à 10 ans).

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Ce repli est aussi aidé par le léger recul des taux aux États-Unis en absence d’un changement de cap de la part de la FED après la publication des minutes de sa dernière réunion.

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