La Belgique est à la peine

Posté le 23 février 2017

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La Belgique se distingue, mais pas dans le bon sens du terme.

Chiffres décevants en Belgique

Il faut d’abord revenir sur le taux d’inflation en Belgique et le graphique publié hier par Eurostat est plus que parlant.

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L’inflation dans la zone euro se situe à 1.8 % en janvier contre 1.1 % en décembre 2016, et d’un mois à l’autre elle a reculé de -0.8 %. Mais l’inflation de base, hors alimentation et énergie, est restée inchangée à 0.9 %.

Mais comme le montre le graphique, la Belgique est la lanterne rouge avec le taux d’inflation le plus élevé de l’UE, ce qui pénalise les entreprises d’une part et d’autre part érode encore un peu plus les revenus des ménages.

Mais surtout l’indice de confiance de la BNB est complètement à contre-courant de la tendance observée dans les autres pays de l’UE. Alors que les indices PMI sont en nette hausse, avec parfois des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis 6 ans, l’indice de confiance de l’industrie manufacturière en Belgique est en recul comme le montre le graphique.

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Cette évolution est d’autant plus interpellante que l’indice IFO en Allemagne est ressorti en hausse, soit son niveau le plus élevé depuis 2 ans et demi comme le montre le graphique.

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Effet Bayrou sur les marchés

L’annonce du ralliement de Bayrou à Macron a nettement diminué la tension sur les taux français et a même permis au CAC40 de terminer dans le vert alors qu’il avait navigué toute la journée dans le rouge.

Son renoncement permet en effet d’éviter une dilution des voix qui aurait été extrêmement favorable au Front National. Et le délitement de la gauche n’est évidemment pas un fort sujet de préoccupation pour les marchés financiers.

Le différentiel de taux entre le Bund 10 ans et l’obligation française à 10 ans qui se situait à 0.82 % avant l’annonce est retombé à 0.75 %.

Pas de hausse de taux

Si le différentiel de taux, entre le bund et les autres obligations de la zone euro s’est élargi, c’est aussi en grande partie parce que le bund a vu son rendement reculer sensiblement comme le montre le graphique.

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Cette baisse des taux en Allemagne est la conséquence d’une certaine fuite vers les valeurs refuges vu le contexte politique et aussi la stabilité des taux aux États-Unis.

Il faut dire que même si la FED a évoqué la possibilité d’une hausse des taux assez vite dans les minutes de sa dernière réunion, vite ne veut certainement pas dire une forte hausse des taux. Elle a donc le temps de procéder à une hausse graduelle des taux, trois sur l’année, dans l’état actuel des choses, à savoir sans connaître les projets économiques de Trump.

Le fait aussi que l’inflation de base dans la zone euro conforte le scénario d’une BCE qui ne modifiera pas sa politique dans les prochains mois explique également cette évolution du rendement du bund.

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