La hausse des taux aux USA est une évidence

Posté le 15 février 2017
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Pour rester dans la tonalité d’hier au sujet de mes propos sur l’inflation, il faut revenir sur les chiffres publiés en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Inflation en Grande-Bretagne

Pas de surprise dans les chiffres, avec un taux d’inflation (voir graphique) à 1.8 %, soit le taux le plus élevé depuis juin 2014. Mais l’inflation de base (en orange sur le graphique), est restée stable à 1.6 %, preuve que la hausse du prix du baril est un facteur prépondérant dans la hausse de l’inflation.

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Pour autant, la tendance à la hausse se confirme sans pour autant entrainer automatiquement un resserrement monétaire de la part de la BOE.
Inflation aux États-Unis

Il en est tout autrement des intentions de la FED comme l’a rappelé Janet Yellen devant le Sénat. « Il ne serait pas judicieux d’attendre trop longtemps avant de dénouer l’accommodation » a-t-elle souligné.

Sans préciser si la première hausse de l’année interviendra en mars, mai ou juin, elle a cependant bien précisé que la hausse des taux interviendra rapidement. Le marché a, d’ailleurs, depuis le début de l’année déjà intégré deux hausses de taux quand on observe le niveau du rendement du treasury 2 ans.

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La hausse des prix à la production aux États-Unis a finalement été plus élevée que prévue avec une progression de 0.6 % d’un mois à l’autre. Soit la plus forte hausse depuis septembre 2012, soit un taux annuel de 1.6 %.

Cependant, si l’on exclut les éléments plus volatils, la progression a été de 0.2 %, soit un taux annuel de 1.6 % contre 1.7 %.

Les États-Unis ne sont donc pas confrontés à une forte poussée inflationniste, mais une normalisation des taux doit se faire, car le contexte économique y est totalement favorable.

Les chiffres attendus aujourd’hui ne vont pas changer cette tendance avec une hausse prévue de 0.4 % des ventes de détail contre 0.2 % le mois passé, une progression de 0.1 % de la production industrielle contre 0.8 %. Et un taux d’inflation de base attendu à 2.1 % contre 2.2 % en chiffre annuel.

Baisse de l’euro

Le dollar bénéficie évidemment des perspectives de hausse de taux de la part de la FED, mais c’est aussi l’euro qui a un peu souffert.

Il faut bien reconnaitre que les indices hier en Europe ont été un peu décevants. D’abord, la production industrielle a sérieusement reculé dans la zone euro, un recul de -1.6 % de décembre à novembre.

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Et surtout, cette baisse a touché des pays qui avaient affiché de bonnes progressions comme l’Irlande qui a connu une chute de -11.7 % de sa production et de l’Allemagne avec un recul de -3.1 %.

D’ailleurs pour l’Allemagne, la croissance au quatrième trimestre a été revue à la baisse à 0.4 % contre 0.5 %, ce qui n’a pas modifié le taux de 1.9 % pour l’année 2016.

Et pour la zone euro dans son ensemble, le chiffre de croissance pour le quatrième trimestre a aussi été revu légèrement à la baisse à 0.4 % contre 0.5 %.

Cette déception sur les chiffres en Europe explique pourquoi l’euro s’est tassé sous le niveau des 1.06 par rapport au dollar dans un contexte en plus qui devrait voir le différentiel de taux s’élargir en faveur du dollar.

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