L’effet FED sur les devises

Posté le 16 décembre 2016
New York City, United States - July 30, 2016: This is an angled view of a new US One Hundred Dollar Bill laying on a bed of cash using soft focus under natural light.

New York City, United States – July 30, 2016: This is an angled view of a new US One Hundred Dollar Bill laying on a bed of cash using soft focus under natural light.

La pression sur les devises émergentes, après la hausse des taux de la part de la FED, s’est encore élevée d’un cran et a provoqué des réactions assez rapides.

Hausse des taux

Après les trois pays du Moyen-Orient, c’est au tour du Mexique de suivre le mouvement à la hausse sur les taux.

Il faut dire que l’élection de Trump avait déjà mis fortement sous pression le peso mexicain, et que la hausse des taux n’a fait qu’accentuer cette dernière comme le montre le graphique.

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Pour tenter de stopper cette érosion, la banque centrale a décidé d’augmenter de 50 bp son taux central pour le porter à 5.75 %. Cette hausse est supérieure aux attentes et propulse le taux à son niveau le plus élevé depuis avril 2009.

Mais comme le montre le graphique, cette hausse de taux n’est pas la première de l’année, puisque la banque centrale a augmenté son taux de 250 bp au total sur l’ensemble de l’année sans parvenir pour autant à stopper l’érosion de sa devise.

Jean qui rit et Jean qui pleure

Si le Mexique se désole de la chute vertigineuse de sa devise, en revanche, le Japon se réjouit de la hausse du dollar qui vient rendre plus attractif les produits japonais.

Après avoir connu un renforcement du yen qui a plombé lourdement l’économie nippone, cette faiblesse du yen est une excellente nouvelle et relance l’espoir d’une reprise économique.

Cette baisse du yen (voir graphique) explique pratiquement à elle seule la très bonne tenue de la bourse japonaise.

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Par contre, en Chine, la hausse des taux aux États-Unis a obligé la banque centrale chinoise à injecter des liquidités pour calmer les tensions sur le marché interbancaire chinois. Ce qui n’a en rien empêché les pressions de continuer à s’exercer sur la devise.

Les autres banques centrales dans l’expectative

La BOE a sans surprise laissé ses taux inchangés tout en se montrant un rien plus rassurée par la hausse du sterling qui vient diminuer le risque de forte hausse de l’inflation.

Mais elle n’en demeure pas moins prudente, car la hausse du prix du baril augmente les pressions inflationnistes et la BOE veille à assurer son objectif d’inflation à l’avenir.

La Banque Nationale Suisse a aussi laissé ses taux inchangés et donc son taux de dépôt reste à -0.75 %. Même si elle table sur une croissance de 1.5 % en 2017 et 2018, elle devrait maintenir ses taux à ce niveau pour l’ensemble de l’année 2017 pour éviter de voir le franc suisse encore se renforcer.

La banque centrale Norvégienne a aussi décidé de laisser ses taux inchangés et ils devraient également rester à 0.50 % tout au long de l’année 2017.

Si elle ne s’inquiète pas du niveau de sa devise, qui s’est un peu renforcé avec la hausse du prix du baril, la banque centrale s’inquiète de la hausse trop rapide des prix de l’immobilier.

Les prix de l’immobilier ont en effet grimpé de 12 % cette année avec une hausse concomitante de l’endettement des ménages, qui fait peser un risque sur une baisse de la demande dans le futur.

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