Moins, mais plus longtemps

Posté le 9 décembre 2016
Euro sign at European Central Bank headquarters in Frankfurt, Germany with dark dramatic clouds symbolizing a financial crisis

Euro sign at European Central Bank headquarters in Frankfurt, Germany with dark dramatic clouds symbolizing a financial crisis

Même si la question a été débattue longuement par la suite, la BCE n’a de fait pas annoncé de « tapering ».

Les décisions de la BCE

Premier élément donc, « il n’a pas été question de tapering. Le tapering n’a pas été débattu aujourd’hui » a déclaré Mario Draghi.

La question du « tapering » a été évoquée, car dans les décisions prises par la BCE, cette dernière a annoncé qu’elle allait réduire ses achats mensuels, à partir d’avril 2017, à 60 milliards d’euros contre 80 milliards d’euros.

Mais cette mesure ne signifie en rien que la BCE ait, pour le moment, la moindre intention de mettre un terme à son programme d’assouplissement quantitatif.

Deuxième élément, la BCE a décidé de prolonger son programme jusqu’à la fin de l’année 2017 et « si, dans l’intervalle, les perspectives deviennent moins favorables ou si les conditions financières deviennent incompatibles avec de nouveaux progrès vers un ajustement durable de la trajectoire de l’inflation, le Conseil des gouverneurs entend augmenter le programme en termes de montants et/ou de durée » a bien précisé Mario Draghi.

Troisième élément, la BCE a assoupli ses règles d’achat, à savoir qu’elle pourra acheter des obligations à 1 ou 2 ans dont les rendements seraient inférieurs à -0.40 %. En revanche, elle ne déviera pas de sa règle d’acheter des obligations d’État en proportion du poids dans son capital de chaque pays.

Concernant ses prévisions, la BCE ne voit pas l’inflation revenir à 2 % avant 2020.

Pour 2016, elle laisse sa prévision à 0.20 %, pour 2017 elle revoit le taux à 1.3 % contre 1.2 %, pour 2018 à 1.5 % contre 1.6 %. Et pour 2019 à 1.7 % pour atteindre en 2020 le chiffre fatidique de 2 % espère-t-elle.

Les réactions des marchés se sont faits en deux temps, d’abord une hausse de l’euro jusqu’à 1.0870 avant de revenir à 1.06 ce matin.

Par contre, les bourses n’ont pas hésité et affichent une nouvelle séance de hausse soutenue par la perspective du rallongement du programme de rachat par la BCE.

Hausse de l’inflation

Si l’inflation a légèrement augmenté dans la zone euro, c’est évidemment suite à la remontée du prix du baril, mais l’inflation de base n’a guère évolué et c’est pour cette raison que la BCE a revu ses prévisions.

Cette hausse du prix du baril est évidemment conditionnée à l’accord trouvé par l’OPEP, mais il reste encore à persuader les pays en dehors de l’OPEP d’accompagner le mouvement de gel de la production. Or, lors du sommet de samedi à Vienne seulement 4 pays sur 11 sont attendus à savoir la Russie, le Mexique, Oman, le Kazakhstan, et l’Azerbaïdjan.

Effet de la hausse des prix du pétrole sans aucun doute, l’inflation en Chine a progressé en taux annuel à 2.3 % contre 2.1 % et l’indice des prix à la production a augmenté à 3.3 % contre 1.2 %.

La volonté des autorités de réduire les surcapacités et la remontée du marché immobilier expliquent cette remontée des prix à la production, prix qui ont atteint leur plus haut niveau depuis 5 ans.

Après cette décision de la BCE, tous les regards vont se tourner vers la FED, qui se réunit les 13 et 14 décembre, et, qui va annoncer une hausse de taux, après celle de décembre 2015.

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