La chute automnale des devises

Posté le 12 octobre 2016
British paper currency and coins

British paper currency and coins

Le sterling demeure fortement sous pression et les scénarios les plus noirs circulent ces derniers jours.

L’indice de la peur

Le sterling est véritablement devenu l’indicateur de la peur et a connu une nouvelle dégringolade avant de se reprendre un peu. Par rapport à l’euro, il est tombé jusqu’à 0.91 et par rapport au dollar jusqu’à 1.21.

La tension est montée d’un cran après les propos sur l’immigration et l’obligation qu’auraient les entreprises de signaler les salariés non britanniques. Et les démentis apportés par les membres du gouvernement n’ont pas effacé le sentiment très négatif.

Mais surtout le fait que Theresa May ait annoncé le début des discussions avant mars 2017 a incité un certain nombre d’institutions financières à s’interroger sur une relocalisation de leurs activités.

Et ce n’est pas un hasard si ressort justement à ce moment une étude de George Osborne, réalisée en avril, qui tentait de chiffrer les risques d’un « hard Brexit ». Selon cette étude, cela pourrait entrainer un PIB en recul entre 5.4 % et 9.5 % après 15 ans, soit une perte entre 38 milliards de sterling et 66 milliards de sterling.

Le rebond du sterling tient essentiellement au fait que Theresa May a accepté que le parlement vote le processus de Brexit et le plan que le gouvernement entend mener.

Pression sur la couronne suédoise

Le sterling n’est pas la seule devise sous pression, mais elle focalise toutes les attentions. Mais la couronne suédoise a aussi connu une très forte pression en passant de 9.6450 à 9.7350 par rapport à l’euro.

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En cause, une inflation plus faible que prévu qui a relancé les spéculations sur un nouvel assouplissement monétaire. Le taux d’inflation (voir graphique) a augmenté de 0.2 % d’un mois à l’autre et de 0.9 % sur un an contre 1.2 % précédemment. Le taux d’inflation de base s’est affiché en hausse de 1.2 % contre 1.5 % alors que l’objectif de la banque centrale demeure un taux de 2 %.

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Alors que les derniers indices laissaient penser que le taux de la banque centrale à -0.50 % devrait rester inchangé jusqu’à la fin de l’année, ce recul de l’inflation relance les perspectives de baisse.

La couronne norvégienne, qui avait profité de la hausse du prix du baril et qui était passée sous le seuil des 9 par rapport à l’euro, est repartie un peu à la baisse sous l’effet de la couronne suédoise.

Et le peso mexicain continue de se renforcer au fur et à mesure que les chances de victoire de Trump s’estompent.

Recul des bourses

Elles affichent, comme les belles couleurs automnales, un beau rouge avec quelques nuances dans les reflets.

Et s’il faut épingler les raisons de cette correction, on peut citer pêle-mêle le recul du prix du baril, la hausse du dollar, les résultats décevants d’Alcoa, la perspective de la hausse des taux aux États-Unis, l’explosion en plein vol de Samsung, l’éventualité d’un changement de majorité au Congrès, et … le risque d’une chute du gouvernement en Belgique (non quand même pas, mais nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’une crise gouvernementale)

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