Le paradoxe des bourses

Posté le 16 septembre 2016
Currency Skyscraper colored

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Comme prévu, des indicateurs décevants aux États-Unis ont provoqué une hausse de la bourse.

Recul des indices

Les ventes de détail aux États-Unis ont affiché un recul de -0.3 %, et de -0.1 % hors automobile et énergie, soit un repli identique au mois passé. Il s’agit d’un indice décevant surtout que la consommation intérieure est le vecteur essentiel de la croissance américaine.

Comme le laissait sous-entendre les indices ISM, la production industrielle a aussi fléchi avec un recul de -0.4 %. Comme le montre le graphique, la production industrielle a bien du mal à décoller cette année et souffre de la fermeté du dollar, de l’atonie de la demande mondiale et de la faiblesse du prix du baril.

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Autre indice qui reflète la conjonction de ces trois éléments, les utilisations des capacités industrielles ont reculé de 0.4 % à 75.5 %.

La bourse américaine a salué ces indices en affichant une forte hausse, rassurée par l’absence d’une hausse de taux de la part de la FED en septembre. Alors que déjà en tant que telle, cette réaction est un rien contradictoire et paradoxale, elle s’est accompagnée d’une absence totale de réaction du dollar et des rendements obligataires.

On aurait pu s’attendre, en toute bonne logique, à une baisse du dollar et des rendements obligataires, or, ils n’ont absolument pas réagi, au contraire même on vu la pentification de la courbe s’accentuer légèrement.

La BOE

La BOE a décidé de laisser ses taux inchangés tout en déclarant qu’il était hautement probable qu’elle abaisse encore son taux avant la fin de l’année, malgré son niveau historiquement bas.

Elle a reconnu que finalement le Brexit (mais quel Brexit donc ?) n’a pas eu l’effet désastreux attendu et que l’économie britannique devrait échapper à la récession cette année. Alors que la banque centrale avait tablé sur une croissance atone de 0.1 % au troisième trimestre, elle devrait être de 0.3 %.

Il s’agit quand même d’une croissance divisée par deux par rapport au trimestre précédent alors que concrètement le processus de désarrimage à l’UE n’a pas encore commencé.

Devises en recul

Faut-il y voir la conséquence immédiate du changement de gouverneur de la banque centrale ou une volonté de s’inscrire dans le mouvement initié par la Chine, mais le ministre du Commerce indien a évoqué une dévaluation de la roupie indienne.

Même si cette annonce a été immédiatement démentie par le ministre des Finances, elle a provoqué un petit recul de la devise par rapport au dollar comme le montre le graphique.

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Cette intervention démontre que la politique monétaire menée par l’ancien gouverneur ne plaisait pas à une frange du gouvernement ce qui explique son éviction en douceur. Mais elle est aussi le reflet de la tentation d’utiliser la devise comme arme commerciale avec le risque évidemment de provoquer une hausse de l’inflation importée.

Autre devise qui continue de se déprécier par rapport au dollar, comme le montre le graphique, et qui a connu une sérieuse correction ces derniers jours, est le peso mexicain. Son évolution par rapport au dollar est inversement proportionnelle au sondage en faveur de Trump. Et le petit accroc de santé d’Hillary a tout de suite provoqué une baisse du peso mexicain.

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