La fuite en avant ?

Posté le 1 septembre 2016

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La fuite en avant ou l’étrange paradoxe.

L’impact du Brexit

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Quand on observe le graphique qui représente, en orange les ventes de détail en Grande-Bretagne et en noir l’indice de confiance des consommateurs, on ne peut qu’être frappé  par le paradoxe de voir que les consommateurs moins optimistes consomment plus.

Il faut dire qu’après une lourde chute, l’indice Gfk est passé de -12 à -7, reflet d’un certain retour de la confiance après la décision de la banque d’Angleterre. Cela se reflète aussi dans la hausse des prix de l’immobilier, avec une hausse de 0.6 % en août contre 0.5 % en juillet, soit une progression annuelle de 5.6 % contre 5.2 %.

Alors s’agit-il d’une fuite en avant des consommateurs britanniques qui consomment car ils craignent une dégradation de leur situation dans le futur, ou simplement le fait que le Brexit ne sera réellement effectif que dans 2 ou 3 ans ?

Les pays émergents

Pas de mouvement spécifique sur le Réal brésilien après la confirmation de la destitution de Dilma Rousseff. Il faut dire que les inquiétudes sont ailleurs. Après un recul de -0.3 %, le PIB affiche au deuxième trimestre un nouveau recul de -0.6 %, soit sur un an une chute de -3.8 %.

La banque centrale qui se réunissait hier a décidé malgré tout de laisser son taux inchangé à 14.25 %. Mais elle n’exclut pas une baisse des taux dans les prochains mois si l’inflation recule un peu.

Petite déception en Inde, avec un taux de croissance de 7.1 % seulement au deuxième trimestre contre 7.9 % précédemment. Ce recul est la conséquence d’une contraction de l’activité dans le secteur minier et dans l’agriculture.

Pas de reprise significative à attendre en Chine après la publication des indicateurs PMI. L’indicateur PMI manufacturier officiel se situe à 50.4 contre 49.9, et celui des services à 53.5 contre 53.9, mais l’indice PMI manufacturier non officiel est retombé à 50 contre 50.6.

Pas d’inflation

L’inflation de base en zone euro a reculé à 0.8 % contre 0.9 %, ce qui complique encore un peu plus la tâche de la BCE.

D’autant plus que les situations d’un pays à l’autre sont parfois diamétralement opposées. Et qu’en plus, il faut y rajouter des situations politiques complexes et tendues qui font craindre une absence de prises de décision politique.

Ainsi, en Espagne, Rajoy n’a pas obtenu la majorité pour former un gouvernement et le spectre d’une nouvelle élection a refait surface alors que les Espagnols ont voté le 26 juin dernier.

Et ne parlons pas de la cacophonie en France avec l’approche des élections primaires à droite, l’imbroglio à gauche et un pays qui donne tout sauf le sentiment d’être « en marche » ou bien à reculons. Et face à cette situation, je pense à la phrase de Cioran « n’a de conviction que celui qui n’a rien approfondi ».

Et pendant ce temps, l’Allemagne affiche un taux de chômage stable à 6.1 %, soit son niveau le plus bas depuis 1990, avec 7.000 demandeurs d’emploi en moins sur le mois d’août.

Par contre, les ventes de détail en Allemagne continuent de faire du yoyo avec une hausse de 1.7 % en juillet après un recul de -0.6 % en juin. Soit sur un an, un recul de -1.5 %. Pour le troisième trimestre, la consommation pourrait donc compenser la faiblesse des exportations.

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