L’économie mondiale en mode « slow »

Posté le 14 juillet 2016

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Décidément, les Anglais adorent l’humour, mais il s’agit vraiment d’un humour britannique en nommant Boris Johnson comme ministre des Affaires étrangères.

La réunion de la BOE

Il faut au moins reconnaitre que Theresa May n’a pas trainé, et que tout en nommant des personnalités pro-Brexit à deux postes clés, elle a aussi nommé un «Bremain » comme ministre des Finances, Philip Hammond.

Ce dernier va avoir une tâche bien délicate alors que le sterling demeure sous pression, même s’il s’est sensiblement redressé depuis son point bas. Il pourra être aidé par la BOE qui se réunit ce jeudi. La majorité des économistes anticipent une baisse de 0.25 % du taux central qui serait ramené à 0.25 % et une deuxième batterie de mesures lors de la réunion du mois d’août.

Révision de la croissance

Si la tâche de Philip Hammond n’est pas simple, celle d’Abe demeure aussi compliquée. Et comme prévu, le gouvernement japonais a revu à la baisse ses prévisions. Pour l’inflation, il table bien sur un niveau de 0.4 % en mars 2017 contre 1.2 % et pour 2018 un taux de 1.4 %. On est très loin de l’objectif de 2 % que la BOJ escomptait atteindre en 2018, et elle va devoir revoir ses prévisions.

Mais le gouvernement japonais a aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance et ne table plus que sur une croissance de 0.9 % contre un chiffre de 1.7 % en janvier.

Ralentissement en Chine

Il faut reconnaitre que le ralentissement en Chine est un des facteurs qui explique la piètre performance de l’économie nippone. Les derniers chiffres concernant le commerce en Chine ont d’ailleurs confirmé que la reprise se faisait encore attendre.

Les importations ont reculé de -8.4 % sur un an, preuve d’une demande intérieure qui reste atone, mais surtout les exportations ont chuté de -4.8 % sur un an. Pour le premier semestre de 2016, les exportations ont reculé de -7.7 %. La chute a été de -9.9 % vers les États-Unis et de -4.4 % vers l’UE.

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Déception en Europe

La production industrielle dans la zone euro a reculé plus que prévu de -1.2 % d’un mois à l’autre. Par rapport au mois précédent, le recul est très significatif et en chiffre annuel d’une croissance de 2.2 % on est passé à 0.5 %.

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Les banques centrales

Quand on fait le bilan de toutes ces données et informations, il apparait clairement que ce sont toujours les banques centrales qui maintiennent à flot les marchés financiers et en particulier les bourses.

La BOE devrait baisser ses taux ce jeudi, la banque centrale de Chine a de la marge de manœuvre pour réduire les siens, la BCE devra faire le point en septembre, mais risque fort de déjà ressentir les premiers effets du Brexit et de devoir réfléchir à de nouvelles mesures.

Et la FED fait le constat dans son Livre Beige que l’économie américaine ne manifeste pas de fortes pressions inflationnistes et que les pressions sur les salaires restent modestes. Comme l’a souligné Robert Kaplan, président de la FED de Dallas, l’approche par rapport à la hausse des taux doit être « slow, gradual, careful ». La prochaine hausse de taux ne devrait donc pas intervenir avant la mi-2017.

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