Le défi des taux bas

Posté le 8 juillet 2016

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L’évolution du marché de l’emploi aux Etats-Unis va éclipser provisoirement les conséquences du Brexit.

Emploi aux Etats-Unis

Selon le bureau indépendant ADP, l’économie américaine a créé 172.000 emplois dans le secteur privé en juin. Comme dans le même temps, les inscriptions hebdomadaires au chômage (voir graphique) ont reculé et se situent à un niveau quasi historiquement bas, tous les espoirs sont permis sur les chiffres du chômage.

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Le taux de chômage devrait légèrement remonter à 4.8% contre 4.7%, et les créations d’emploi devraient s’élever à 175.000, chiffre qui ferait alors oublier le chiffre exécrable du mois précédent.

Pour autant, si un bon chiffre du chômage va rassurer sur l’état de l’économie américaine, il ne va pas pour autant inciter la FED à augmenter ses taux.

Car il y a un mais

Toutes les banques centrales s’inquiètent des conséquences du Brexit et il demeure le seul point de préoccupation.

La BCE dans les minutes de sa dernière réunion, qui se tenait avant le référendum, a clairement exprimé ses craintes. « Dans le cas où le Royaume-Uni voterait en faveur d’une sortie, c’est-à-dire un Brexit, il pourrait y avoir des répercussions négatives significatives, quoique difficile à anticiper, dans la zone euro via un certain nombre de canaux, notamment les relations commerciales et les marchés financiers » a-t-elle constaté.

Et les craintes de la BCE étaient, lors de cette réunion du 2 juin, que le Brexit ne provoque une fuite vers la qualité et n’entraine les rendements obligataires encore plus bas. Or c’est exactement ce qui s’est passé avec comme conséquence, qu’aujourd’hui, un tiers des obligations souveraines dans la zone euro ont des rendements inférieurs à -0.40% et ne peuvent donc plus être achetées par la BCE.

Sur un total de 23 billions d’euros, c’est donc 7.4 billions d’euros d’obligations que la BCE ne peut plus acquérir sauf à changer ses règles. Ce qui pourrait créer un déséquilibre par le fait qu’elle devrait racheter plus d’obligations italiennes et espagnoles pour maintenir son enveloppe de rachat mensuel.

Il est de plus en plus évident que la majorité des banques centrales vont garder leur taux bas plus longtemps que prévu avant le 23 juin. Et cela concerne tout aussi bien la banque centrale du Canada, que celle d’Australie ou en encore de Suède.

Les cartes ont été rebattues sans pour autant qu’elles disposent encore de beaucoup de joker vu le niveau déjà extrêmement bas des taux.

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