Le vide appelle le vide comme un trou noir

Posté le 28 juin 2016

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L’incertitude des marchés est fortement alimentée par l’incertitude politique.

Conséquences immédiates

Après Moody’s, qui avait révisé à la baisse ses perspectives, les autres agences de rating ont eu moins de scrupule et ont directement acté la dégradation de la situation.

S&P y a été très fort en baissant le rating de deux crans, rating qui est passé de AAA à AA avec des perspectives qui restent négatives. Non seulement S&P craint un ralentissement significatif de la croissance, mais aussi des risques sur l’intégrité constitutionnelle de la Grande-Bretagne.

Fitch a aussi abaissé le rating de AA+ à AA avec des perspectives qui restent également négatives.

Secteurs affectés

L’absence de clarté a continué de peser sur les marchés boursiers avec des bourses européennes qui sont particulièrement malmenées.

Les secteurs qui ont particulièrement souffert ces deux dernières séances sont ceux qui sont sensibles aux cycles économiques, à savoir les banques, l’automobile et le tourisme. Les banques ont fortement reculé sous l’effet conjugué de l’incertitude sur la place de Londres qui pourrait affecter les résultats des banques avec un environnement économique qui se dégraderait et un contexte de taux d’intérêt qui devraient rester bas encore longtemps.

Exemple parmi d’autres, mais qui est évidemment significatif d’un risque non négligeable pour Londres, l’Autorité bancaire européenne a déjà annoncé qu’elle allait quitter Londres.

En 2014, le secteur financier a représenté environ 12 % du PIB de la Grande-Bretagne. Il emploie 2.2 millions de personnes et représente 78 % de l’activité des marchés des capitaux des autres États membres de l’UE en Grande-Bretagne.

Autre secteur particulièrement affecté celui de la construction dont les valeurs ont chuté d’environ 40 % suite aux craintes de voir Londres perdre son statut de place financière et au risque de récession.

Récession ?

La question n’est plus Brexit ou pas, mais récession ou pas. Goldman Sachs prévoit une récession modérée début 2017, alors que Barclays et Natixis tablent sur une récession d’ici la fin de cette année.

La dégringolade du sterling (qui se poursuit comme le montre le graphique de la parité en GBP/USD) est un sérieux facteur d’inquiétude. Car elle reflète une diminution des investissements en sterling et est aussi l’expression de voir les conditions financières se resserrer.

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Dégâts collatéraux

En l’absence d’indicateurs économiques, toute l’attention est focalisée sur la Grande-Bretagne et aucun recul et mise en perspective n’est encore possible.

Résultat, les mouvements sont excessifs tout en étant aussi l’expression de craintes justifiées. Les rendements obligataires ont encore reculé, même aux États-Unis. Le prix du baril se tasse dans une perspective d’un ralentissement mondial et les devises comme le yen, le dollar et le franc suisse servent de valeurs refuges.

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