Le jour d’après …

Posté le 27 juin 2016
financial graph on technology abstract background

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L’onde de choc va encore se faire sentir longtemps, comme les ronds que fait un caillou quand on le fait rebondir sur l’eau.

La chute du sterling

Cette chute demeure le signe le plus visible et l’expression la plus tangible du Brexit. Même si par rapport à l’euro il s’est stabilisé à 0.8220, en revanche, par rapport au dollar, il demeure fortement sous pression comme le montre le graphique.

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Cette pression s’explique aisément vu toutes les incertitudes qui pèsent après le vote de jeudi. Mais deux facteurs viennent encore peser sur la devise. D’une part, le sentiment que la BOE devra rapidement agir en baissant ses taux pour faire face au ralentissement inévitable de l’économie britannique. Et le deuxième élément est le risque de voir le rating de la Grande-Bretagne revu à la baisse. Moody’s a d’ailleurs déjà amorcé un premier mouvement tout en confirmant le rating Aa1, il a fait passer de « stables » à « négatives » les perspectives.

Mais comme le souligne la Banque des règlements internationaux, « il est probable qu’une période d’incertitude et d’ajustement nous attend. Le Royaume-Uni est étroitement intégré à l’économie mondiale, et il héberge l’une des premières places financières au monde. Une bonne coopération à l’échelle mondiale permettra, j’en suis sûr, de limiter les incertitudes et de procéder aux nécessaires ajustements aussi bien que possible ».

Cette période d’incertitude ne va évidemment pas être levée d’aussi tôt surtout vu la cacophonie en Grande-Bretagne avec la démission de Cameron qui laisse le soin à son successeur de se débrouiller. Avec en plus un parti d’opposition en plein doute qui a vu 7 de ses membres quitter la formation et dont le leadership de Jeremy Corbyn est largement contesté. Devant cette situation, on peut craindre un enlisement alors que les Européens ont envie de dire « Messieurs les Anglais, tirer les premiers ».

Conséquences

Après que plus de 2.000 milliards de dollars se sont envolés vendredi sur les marchés mondiaux, il faut espérer un certain retour au calme.

Le Nikkei donne en tout cas le ton avec une hausse de 2.30 % alors que le yen s’est encore renforcé par rapport au dollar à 101.65.

Deux facteurs pourraient venir tempérer les excès de vendredi.D’une part, parce qu’un processus lent de rupture pourrait être envisagé et aurait un impact limité au point de vue économique.

Et d’autre part, les taux devraient rester bas encore pour une longue période vu ce climat d’incertitude et rien ne dit que la FED va encore augmenter ses taux cette année.

Dernier point et non des moindres, les banques centrales restent à la manœuvre. La BOE a indiqué qu’elle pouvait injecter des liquidités pour un montant de 250 milliards de sterling si nécessaire dans le système financier. Et les banques centrales continueront d’intervenir sur le marché des changes comme l’a fait la banque centrale suisse et pourrait le faire la BOJ.

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