Le scepticisme domine de nouveau

Posté le 6 juin 2016
smelting of the metal in the foundry

smelting of the metal in the foundry

Si la remontée de l’euro par rapport au dollar s’explique aisément par les chiffres très décevants des créations d’emploi aux États-Unis, par contre, par rapport au sterling les raisons sont différentes.

Pour des raisons philosophiques

Alors que certains évoquent des raisons philosophiques à l’euroscepticisme britannique http://www.philomag.com/lepoque/les-vraies-raisons-de-leuroscepticisme-britannique-11713  , ce sont des éléments bien tangibles qui ont inversé les résultats des derniers sondages. En effet, selon ceux-ci, les partisans du Brexit seraient en tête même si le nombre d’indécis reste toujours aussi nombreux.

Ce renversement de tendance est à comprendre suite à la publication des chiffres des flux de migrants sur le territoire britannique en 2015. Pour l’ensemble de l’année, ils ont été 333.000, soit le chiffre le plus élevé depuis 1975. Mais surtout 184.000 viennent des pays de l’UE, dont entre autres de Roumanie. En sortant de l’UE, les partisans du Brexit ont donc mis en évidence le fait que ce flux venant de ressortissant de l’UE pourrait être fortement limité si pas complètement stoppé.

Cet élément a rencontré un écho favorable ce qui explique l’inversion de tendance dans les sondages et le recul très sensible du sterling comme le montre le graphique.

graphe20160606

Coup de froid aux États-Unis

L’onde de choc du chiffre des créations d’emploi se fait toujours sentir. L’inquiétude vient essentiellement de la faiblesse de ces créations qui ne s’élèvent qu’à 38.000.

Si l’on tient compte des 34.000 employés de l’opérateur télécom Verizon en grève et qui ont été comptabilisé comme sans emploi, le chiffre aurait été de 72.000. Un peu mieux certes, mais encore largement en dessous des attentes. Ce qui veut dire que le chiffre de juillet sera inévitablement gonflé par ces mêmes 34.000 employés qui ont repris le travail depuis.

Ce qui inquiète surtout c’est que dans le secteur des mines, de l’industrie et de la construction, l’économie américaine a supprimé 36.000 emplois. Dans ce contexte, la FED qui se réunit la semaine prochaine ne va évidemment pas modifier ses taux.

Les indices PMI en zone euro

Comme le montre le graphique, les indices PMI des services sont dans l’ensemble en légère hausse à l’exception de l’Italie.

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La confirmation du niveau de ces indices tend à démontrer que la croissance dans la zone euro devrait s’améliorer, mais de façon extrêmement modeste et qu’elle demeure fragile. Le moindre élément extérieur pourrait faire vaciller ce fragile édifice.

D’ailleurs, la Bundesbank a revu ses prévisions à la baisse et table sur une croissance de 1.7 % en 2016 contre 1.8 %, mais surtout sur 1.4 % en 2017 contre 1.7 %.

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