Pic, creux, et croissance molle

Posté le 2 juin 2016
Oil refinery smoke from a petrochemical plant against deep blue sky

Oil refinery smoke from a petrochemical plant against deep blue sky

Il faut sortir de ce risque de croissance molle a appelé l’OCDE dans ses dernières perspectives. Cela risque fort d’avoir autant d’effet que de se persuader le matin en se levant qu’aujourd’hui il ne fera pas gris toute la journée.

Croissance faible en zone euro

C’est donc dans cette perspective, et surtout en sachant que les politiques monétaires ont atteint leur limite, que la BCE se réunit ce jeudi.

Et les indicateurs PMI publiés hier ont bien confirmé cette croissance molle. Pour la zone euro, l’indice PMI manufacturier a atteint un creux de 3 mois à 51.5 et comme le résume le chef économiste de Markit « l’activité manufacturière dans la zone euro est restée coincée dans une situation de quasi-stagnation en mai, incapable de s’extraire de la phase de croissance faible qui pénalise les industriels depuis février ».

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Dans le détail, cela donne un pic de 4 mois pour l’indice en Allemagne qui tire son épingle du jeu. Par contre, en France, l’indice reste très faible à 48.4, marque le pas en Italie à 52.4 contre 53.9 et a connu un recul assez sensible en Espagne.

Contraste flagrant

Par rapport aux indices PMI publiés de l’autre côté de l’Atlantique, le contraste est assez saisissant. À l’exception du Brésil, mais qui est vraiment une exception à tout niveau, les indices sont en hausse avec en particulier une hausse sensible aux États-Unis.

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Alors que l’on attend demain la publication des chiffres du chômage aux États-Unis, le Livre Beige de la FED parle toujours de croissance modeste, mais pointe quand même une légère hausse du coût du travail.

Le chiffre publié par le bureau ADP des créations d’emplois dans le secteur privé attendu à 175.000 ne devrait pourtant pas modifier la perception que la hausse des taux de la part de la FED n’interviendra pas en juin, mais plutôt en juillet.

Déception au Japon

Assez curieusement, l’annonce du report de la hausse de la TVA par le premier ministre a provoqué une hausse du yen. Cette hausse est le reflet d’une grande déception, car ce report est clairement perçu comme un aveu d’échec de la politique « Abenomics » , et surtout qu’il n’est accompagné d’aucune autre mesure.

Résultat de cette déception et de la hausse du yen, le Nikkei affiche un recul de plus de 2 %.

Pas d’effet JO

Même si le chiffre est moins mauvais qu’attendu, l’économie brésilienne a reculé de -0.3 % au premier trimestre, soit une baisse de -5.4 % sur un an.

Malgré ce léger mieux, le PIB devrait connaitre une contraction de -4 % sur l’ensemble de l’année et la tenue des JO ne changera pas fondamentalement la situation.

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Il ressort de tous ces indices un manque évident de dynamique et surtout un manque évident de volonté politique de mener des programmes d’investissement. Mais il ne faut pas tomber dans la sinistrose, car comme l’a écrit J.B Pontalis « un creux est en nous, à jamais, mais le creux n’est pas l’abîme ».

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