Le délicat équilibre de la croissance mondiale

Posté le 9 mai 2016

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Les chiffres du chômage aux Etats-Unis ont jeté le trouble et encore un peu plus opacifié le tableau.

Chômage aux Etats-Unis

Le taux de chômage est resté inchangé à 5%, mais c’est la faiblesse des créations d’emploi qui a jeté le trouble. Ces dernières se sont élevées à 160.000 contre 200.000 attendues. Si en soit, ce chiffre n’est pas mauvais, il faut pour rappel 100.000 créations d’emploi par mois pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi, il n’en demeure pas moins faible.

Il reflète sans doute la croissance modeste de l’économie américaine et c’est cet élément qui perturbe les marchés. Et en plus, comme le montre le graphique, le taux d’emploi (en bleu foncé) a légèrement reculé à 62.8%. Comme toujours, le secteur minier a continué de détruire des emplois, et des craintes que dans les prochains mois cela soit le secteur financier qui licencie pèse déjà sur les attentes.

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Tout le débat sur le rythme de la hausse des taux de la part de la FED a repris de plus belle. Et alors que la perspective d’une hausse de taux en juin a quasiment été réduite à néant, par contre elle tourne autour de 41% en septembre et de 60% en décembre.

La Chine

Un autre facteur qui entre en ligne de compte dans la décision de la FED est le contexte économique mondial. Et l’évolution de la Chine est en première ligne.

Or les indicateurs manquent furieusement de punch, avec comme derniers indices ceux de la balance commerciale.

Les exportations ont reculé de -1.8% sur un an, soit un recul un peu plus marqué qu’attendu, mais surtout les importations ont chuté de -10.9% sur un an, soit deux fois plus qu’attendu.

Ce chiffre des importations reflète la faiblesse de la demande intérieure qui ne parvient toujours pas à prendre le relais de la croissance.

Et si « nous apprenons à marcher à force de tomber » selon Frédéric Bastiat, il n’en demeure pas moins que la marche actuelle est loin d’être de tout repos et plutôt semée d’embûches.

Les indices PMI

Les indices PMI publiés la semaine passée ont montré que la croissance en zone euro allait rester très modeste. Avec un indice composite pour la zone euro à 53 on reste clairement en phase d’expansion mais sans une dynamique particulière.

Et le recul de -0.5% des ventes de détail en zone euro est venu rappeler que la demande intérieure, le moteur de la croissance, restait fragile et erratique. Ce qui donne à penser que la zone euro ne pourra pas renouveler l’exploit de la croissance du premier trimestre.

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Mais quand on regarde le niveau de l’indice PMI manufacturier au Brésil cela nous console. Ce n’est évidemment pas une surprise, mais cela démontre, s’il fallait encore le faire, l’état de déliquescence de l’économie brésilienne. Et que malgré les JO, le Brésil va connaître une deuxième année de récession.

 

 

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