Un poison nommé … Brexit

Posté le 4 mai 2016

211sprinter

Le ralentissement dans l’industrie observé aux États-Unis, au Japon, en zone euro et en Chine a touché aussi la Grande-Bretagne.

Le risque de Brexit

Comme le montre le graphique, l’indice PMI manufacturier en Grande-Bretagne a chuté lourdement sous le seuil des 50 pour la première fois depuis mars 2013. Clairement, le référendum pèse sur l’activité économique et a réduit fortement les investissements, même si le ralentissement dans l’industrie du gaz et du pétrole explique aussi ce recul.

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Même si le pire n’est pas envisagé, néanmoins ce référendum provoque pas mal d’inquiétude et, pour la Commission européenne, il fait partie des risques qui pèsent sur l’économie européenne. Sur base d’un scénario favorable, la CE table sur une croissance de 1.8 % en 2016 et de 1.9 % en 2017 pour la Grande-Bretagne contre 2.1 % précédemment.

Mais la CE ne veut pas se projeter dans un scénario négatif et n’a donc pas fait de projection en cas de Brexit.

Les projections de la CE

La CE a revu ses prévisions de croissance légèrement en baisse pour la zone euro pour 2016 et 2017 à 1.6 % et 1.8 % contre 1.7 % et 1.9 % précédemment.

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Je voudrais quand même citer dans son intégralité le paragraphe du communiqué de presse de la CE, paragraphe dont le titre est « Des risques considérables pèsent sur les perspectives de l’économie européenne ».

J’ai mis en gras certains points plus importants à mes yeux dans ce passage :

« Une grande incertitude entoure ces prévisions. Parmi les risques extérieurs figure l’éventualité que le ralentissement de la croissance des marchés émergents, en particulier de la Chine, ait des répercussions ou une ampleur plus fortes que prévu. L’incertitude liée aux tensions géopolitiques reste élevée et pourrait avoir des conséquences plus graves que prévu pour les économies européennes. Une évolution brutale des cours du pétrole ou l’apparition de turbulences sur les marchés financiers pourraient également freiner la croissance européenne. De plus, les risques liés à l’évolution de la situation intérieure de l’UE sont considérables, comme par exemple ceux liés au rythme de mise en œuvre des réformes structurelles et à l’incertitude du référendum britannique sur l’Union européenne. En revanche, les réformes structurelles pourraient avoir des effets bénéfiques plus importants qu’attendu et la transmission des politiques monétaires particulièrement accommodantes à l’économie réelle pourrait s’avérer plus forte qu’escompté ».

Heureusement que ce paragraphe se termine sur une note un peu plus positive, car sinon c’est clairement la déprime assurée. Et pas étonnant que face au recul des indices PMI manufacturier à travers le monde les bourses aient connu hier une séance très négative.

Et encore dans cette litanie, la CE n’a pas cité le blocage politique complet en Espagne avec l’annonce de nouvelles élections pour le 26 juin, ni la montée du populisme dans un certain nombre de pays européens avec un rejet des institutions européennes, ni le risque Trump qui commence à devenir un réel sujet d’inquiétude au regard de ces propos et de son soi-disant programme économique.

Le référendum en Grande-Bretagne pourrait même influencer l’attitude de la FED qui lors de sa réunion du mois de juin pourrait décider de reporter la hausse de taux vu le risque d’instabilité que ce référendum pourrait faire peser sur les marchés financiers.

Le chiffre de l’emploi publié aux États-Unis ce vendredi sera un indicateur important alors que selon les prévisions, les créations d’emploi dans le secteur privé seraient de 196.000 contre 200.000 le mois passé. Cela signifie que le nombre de créations d’emploi publié vendredi devrait être de l’ordre de 200.000.

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