L’industrie manufacturière reste faible

Posté le 3 mai 2016

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Je me suis rarement aussi vite fait contredire, mais le temps de réaction a été rarement aussi rapide.

La baisse des taux en Australie

Je mettais, hier dans ma vidéo https://blogs.cbc.be/bernardkeppenne/2016/05/02/le-recul-de-linflation-en-australie-aussi/, en évidence le recul de l’inflation en Australie à 1.5 % contre 1.7 %, mais j’estimais que pour autant les autres éléments ne plaidaient pas en faveur d’une baisse de taux.

La banque centrale en a décidé autrement en annonçant ce matin une baisse de 25 bp de son taux directeur pour le porter au niveau historique de 1.75 %. Elle a estimé que l’inflation allait rester faible pour une longue période et que les récentes données ont montré qu’elle était particulièrement faible.

Déceptions en Asie

Heureusement que le Nikkei est fermé, car sinon il aurait encore à subir la hausse du yen ou plus exactement la baisse du dollar contre la majorité des devises. Comme le montre le graphique, par rapport au dollar, le yen est à son niveau le plus haut depuis octobre 2014.

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La deuxième cause de déception vient de l’indice PMI manufacturier non officiel (plus fiable et objectif) en Chine qui est ressorti à 49.4 contre 49.9, et qui ne parvient donc désespérément pas à franchir le seuil des 50.

Indices contradictoires aux États-Unis

Si en Chine les indices continuent de marquer une tendance au lent ralentissement, les indices aux États-Unis envoient des signes assez contradictoires. Il n’est pas étonnant que, dans ce contexte et surtout sans perspective de hausse de taux à moyen terme, le dollar s’affaiblisse.

Comme le montre le graphique, l’indice ISM manufacturier est passé de 51.8 à 50.8, malgré une très nette amélioration des commandes à l’exportation. L’industrie manufacturière souffre toujours du dollar fort et d’une demande mondiale en recul.

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Par contre, les dépenses de construction ont augmenté d’un mois à l’autre de 0.3 % après une hausse de 1 %. Ce chiffre démontre que le secteur immobilier ne fléchit pas, bien au contraire et continue de soutenir la croissance.

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Le Brésil

Mais la déception par rapport à l’indice ISM manufacturier n’est rien par rapport à la chute de l’indice PMI manufacturier au Brésil qui s’est effondré à 42.6 contre 46 le mois passé. Et en plus, le taux de chômage au premier trimestre s’est aggravé à 10.9 % avec une baisse des salaires en tenant compte de l’inflation qui caracole à des sommets.

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