Vin primeur et « vins primeurs »

Posté le 2 mai 2016
Detail shot with several wooden wine barrels in a cellar

Detail shot with several wooden wine barrels in a cellar

Tout le monde connait le vin primeur, vin à boire jeune, et qui a connu son heure de gloire avec le beaujolais nouveau.

Mais les « vins primeurs » revêtent une tout autre acceptation. Il s’agit de vins mis en vente alors que ces vins ne sont pas encore mis en bouteille et qu’ils doivent encore passer un certain temps en barrique.

Au moment de la dégustation de ces vins « en devenir », les négociants s’engagent alors à acheter ceux-ci, pratique qui s’appelle « vente en primeur ». Ces derniers vont alors les revendre à des particuliers ou à d’autres distributeurs.

Cette pratique, qui nous vient de Bordeaux et concerne les grands crus classés et assimilés, s’est étendue à d’autres régions comme la Bourgogne, le Rhône et quelques domaines dans d’autres régions.

L’avantage pour les châteaux est évidemment de s’assurer une trésorerie immédiate. Pour les acheteurs c’est espérer obtenir un bon prix, soit une décote par rapport au prix final du vin. Et aussi de pouvoir acquérir des vins qui seront peut-être difficiles à avoir par la suite.

Ce système a très bon fonctionné et tout le monde y trouvait son compte jusqu’aux millésimes 2009 et 2010. Non seulement nous avions là des millésimes exceptionnels, mais en plus la demande, en particulier émanant de Chine, était très forte. Conséquence, les prix sur ces deux millésimes se sont envolés et ont atteint des niveaux exubérants qui ont découragé les acheteurs traditionnels, qui se sont tournés vers d’autres régions.

Les millésimes 2011, 2012 et 2013 qui ont suivi ces grandes années ont été de qualités très moyennes pour ne pas dire médiocres pour le 2013, mais sans de réels ajustements en termes de prix. En plus, la demande chinoise a fortement reculé sous l’effet du ralentissement de l’économie chinoise et des mesures anticorruption prises par les autorités.

Ceux qui ont donc acheté ces vins en primeur les ont retrouvés, deux ans plus tard, avec une sérieuse décote dans les linéaires des grandes surfaces lors des foires aux vins. Et depuis lors le doute s’est installé, même si finalement sur les 10.000 châteaux du Bordelais, seulement 250 présentent leurs vins en primeurs et que 50 font l’objet d’une intense spéculation.

Se pose dès lors la question de savoir si les ventes en primeur pour le millésime 2015 seront intéressantes ?

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore beaucoup d’indications sur les prix, mais le millésime se révèle assez exceptionnel et digne des grandes années sans atteindre sans doute le niveau exceptionnel du 2010.

Mais si les prix restent sages et en sachant que les acheteurs étrangers reviennent sur le marché, il est peut-être intéressant d’effectuer des achats en primeur pour ceux qui veulent obtenir certains châteaux ou domaines.

Cette démarche doit se faire  uniquement dans une optique de pouvoir s’offrir un bon flacon et pas dans une logique de spéculation.