La zone euro fait mieux que les Etats-Unis !

Posté le 2 mai 2016

41213

La zone euro a connu une croissance supérieure à celle des États-Unis et de la Grande-Bretagne au premier trimestre.

Les chiffres en zone euro

La croissance au premier trimestre en zone euro a été de 0.6 %, soit un niveau supérieur aux prévisions et contre une croissance de 0.5 % aux États-Unis et de 0.4 % en Grande-Bretagne.

Ce chiffre est une très bonne surprise et il s’agit du taux le plus élevé depuis 2011, et surtout, la zone euro retrouve son niveau d’avant la crise comme le montre le graphique.

graphe20160502

En plus, cette croissance a été tirée vers le haut par une accélération de la croissance en Espagne et en France, ce qui est la deuxième bonne surprise.

En Espagne, la croissance a été de 0.8 %, soit un niveau comparable à celle du trimestre précédent, et portée essentiellement par le secteur des services. En France, la croissance a été de 0.5 % contre 0.3 %, chiffre qui a dépassé les estimations et qui se révèle une excellente surprise.

En France, comme en zone euro, la consommation intérieure a été la clef de cette croissance et a compensé le recul des exportations.

Autre excellente nouvelle, le chômage a reculé à 10.2 % contre 10.4 %, soit son niveau le plus bas depuis août 2011. Si l’Espagne connait encore un des taux de chômage le plus élevé de la zone euro (voir graphique), il a cependant drastiquement reculé d’un mois à l’autre en passant de 23 % à 20.4 %.

graphe20160502b

Il y a cependant un bémol dans ce tableau, le recul de l’inflation. Après un taux de 0 % en mars, l’inflation en zone euro a reculé à -0.2 % et pire l’inflation de base, hors alimentation et énergie, a également reculé à 0.8 % contre 0.9 %. Le risque de voir la zone euro tomber en déflation n’est donc pas négligeable, alors même que la BCE a déjà sorti l’artillerie lourde pour tenter de ne pas tomber dans ce piège.

L’inflation ne décolle pas

Il n’y a pas qu’en zone euro que l’inflation reste basse, aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation PCE, hors énergie et alimentation, n’a augmenté que de 0.1 % contre 0.2 %. Soit sur un an, un taux de 1.6 % contre 1.7 %.

Et la faiblesse de la consommation avec une hausse de seulement 0.1 % de la consommation des ménages ne devrait pas entrainer une hausse des prix. Difficile dans ce contexte d’envisager une hausse des taux rapide aux États-Unis de la part de la FED.

Les chiffres sur le marché de l’emploi vendredi seront à ce niveau un indicateur phare, avec un taux de chômage attendu stable à 5 % avec 200.000 créations d’emploi, et une hausse de salaire de 0.3 %.

En attendant, le recul de l’inflation, ainsi que statu quo de la FED, ont pesé sur le dollar, qui a reculé contre la majorité des devises.

Recul du dollar

Ce recul du dollar est particulièrement marqué par rapport au yen avec un niveau de 106.40 et pénalise lourdement le Nikkei qui est en perte de plus de 3 %.

Si par rapport à l’euro, le dollar est à son niveau le plus bas depuis 6 mois et demi, par rapport au yen, il est à son niveau le plus bas depuis 18 mois et il ne serait pas exclu de voir la BOJ intervenir sur le marché des changes.

Stabilisation en Chine

L’indice officiel PMI manufacturier a légèrement reculé à 50.1 contre 50.2, et reste donc légèrement au-dessus du seuil des 50. Dans le même temps, l’indice des services a reculé à 53.5 contre 53.8.

Comme le montre le graphique, les deux indices manufacturiers, l’officiel et l’officieux, se rejoignent et marquent une stabilisation sans plus.

graphe20160502bb

tableaux20160502