La Chine rassure

Posté le 15 avril 2016
Hong Kong Mong Kok market

Hong Kong Mong Kok market

Le FMI a jeté le trouble, et ce qui est particulièrement perturbant est la divergence d’appréciation de la situation. Certes, la croissance est modeste, trop modeste, au niveau mondial et le moindre petit accroc peut venir faire basculer la tendance, mais en même temps les perspectives se sont un peu améliorées depuis le début de l’année aux Etats-Unis et en Chine.

Chiffres conformes en Chine

Pas de surprise en Chine avec une croissance de 6.7% au premier trimestre contre 6.8%, soit le chiffre le plus faible depuis 2009. La production industrielle a progressé de 6.8% contre 5.4% et les ventes de détail ont connu une hausse de 10.5% contre 10.2%.

Autre indicateur important, les prêts accordés par les banques ont augmenté de 14.7% sur un an et se sont élevés à 1.370 milliards de yuans contre 726 milliards de yuans le mois passé.

Il apparait aussi que les investissements ont progressé de 10.5% contre 10.2% et que le marché immobilier se porte nettement mieux avec une hausse de 14.4% des ventes de maisons sur un an.

Ces deux facteurs sont encourageants car ils confirment que la demande intérieure redémarre et que c’est le secteur de la construction qui a pris le relais pour assurer la croissance. Un atterrissage en douceur de l’économie chinoise se confirme et les mesures prises par les autorités portent leurs fruits.

Inflation zone euro

Même si ce n’est encore qu’un frémissement, l’inflation en zone euro est restée inchangée d’un mois à l’autre contre -0.2%. Et surtout l’indice d’inflation hors énergie et alimentation s’est établi sur un an à 1% contre 0.8%.

Il est évident que depuis un an, comme le montre le graphique, l’inflation ne parvient pas à se redresser durablement en dépit des interventions de la BCE. Mais il faut aussi souligner que, sans ces interventions, la zone euro aurait connu une déflation estimée à -0.30% en 2015 et serait encore en déflation cette année.

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La zone euro aurait alors connu une période de déflation comme au Japon ce qui aurait évidemment été un véritable frein à l’investissement alors même que ce dernier était déjà faible.

Le Japon encore

A propos du Japon, le gouverneur de la BOJ a reconnu que la hausse du yen a été excessive et que c’est cette dernière qui a affecté négativement l’économie. La forte révision du taux de croissance par le FMI est aussi la conséquence de cette forte hausse du yen, mais la stabilisation observée ces derniers jours est rassurante.

Si la BOJ s’inquiète de la fluctuation de sa devise, la BOE s’inquiète du risque de Brexit et a décidé, sans surprise de laisser ses taux inchangés. Mais clairement la BOE constate que le risque de Brexit a créé de l’incertitude et provoqué déjà un choc à court terme sur l’économie anglaise.

Malgré la remontée de l’inflation à 0.5%, la BOE devrait laisser ses taux inchangés jusqu’au début 2017 pour autant évidemment que le Brexit soit rejeté le 23 juin prochain.

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