La demande intérieure, la clef de voute en Europe

Posté le 21 mars 2016
View of a large petrochemical facility at dusk

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Même si le Brexit n’a pas lieu, le simple fait de tenir un referendum sur la question pénalise l’économie anglaise.

Le coût du Brexit

Selon une étude réalisée pour la Confederation of British Industry, un Brexit coûterait 100 milliards de sterling et entrainerait la perte de 950.000 emplois d’ici 2020. Selon cette étude commandée à PwC, dans le pire des scénarios, à savoir un Brexit et un nouvel accord qui tarde à se mettre en place, le coût représenterait 5 % du PIB jusqu’en 2020. En cas de Brexit mais d’accord rapide, le coût ne serait que de 3 % du PIB.

Mais sans aller à cette extrémité, le simple fait de la tenue du referendum pèse sur les investissements. Soit ces derniers sont réduits à leur minima, soit ils sont carrément reportés par crainte du Brexit et dans l’attente d’une confirmation du maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE.

Les taux longs ont fortement baissé depuis le début de l’année (voir le graphe du rendement de l’obligation anglaise à 10 ans), mais ils ont trouvé un point de stabilisation pour le moment.

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La demande intérieure en soutien

La demande intérieure est le véritable pilier qui soutient l’économie européenne et en particulier en Allemagne.

Selon les dernières données, les demandes de permis de bâtir pour le résidentiel ont augmenté de 8 % en 2015 à 309.000. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 2000, mais qui pourrait être dépassé. Car, selon les autorités, il faudrait 350.000 nouvelles constructions cette année pour faire face à l’afflux de réfugiés.

Pour l’économie allemande, le secteur de la construction représente 4 % du PIB, occupe 2.5 millions de personnes dans 300.000 entreprises, soit le plus gros employeur.

Faire baisser l’euro

Si Mario Draghi a réussi à insuffler une tendance positive, il n’a, par contre, pas pu empêcher l’euro de s’affaiblir. Sa position est évidemment compliquée étant donné que c’est plutôt le dollar qui s’est affaibli par rapport aux autres devises après le report de la hausse des taux de la part de la FEB.

Faut-il dès lors comprendre l’intervention de Peter Praet, l’économiste de la BCE, dans cette logique de faire baisser l’euro, lorsqu’il évoque le fait que les taux n’ont pas atteint leur niveau plancher ?

« Si des chocs négatifs devaient dégrader les perspectives ou si les conditions financières ne s’ajustaient pas dans la direction ou avec l’ampleur nécessaire pour soutenir l’économie et l’inflation, une réduction de taux demeure dans notre arsenal ».

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