Soutenir le crédit … rien que le crédit

Posté le 11 mars 2016

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Pourquoi diable les mesures exceptionnelles prises par la BCE ont-elles finalement provoqué une hausse de l’euro et un recul des bourses européennes ?

Le dernier message de Mario Draghi

Ce retournement de tendance est la conséquence d’une phrase de la conférence de presse « dans la perspective actuelle et en prenant en compte le soutien apporté par nos mesures à la croissance et à l’inflation, nous n’anticipons pas qu’il sera nécessaire d’abaisser encore les taux. Évidemment, des faits nouveaux peuvent changer la situation et les perspectives ».

Ce message n’a pas plu aux marchés et c’est ce propos qui explique que les bourses européennes ont terminé dans le rouge après avoir gagné 3 % en cours de séance et que l’euro s’est renforcé, comme le montre le graphe.

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Et pourtant, ce propos de Mario Draghi est frappé du bon sens et il était indispensable de fixer des limites à la baisse des taux en territoire négatif. D’ailleurs dans la décision de la BCE ce n’est pas l’abaissement du taux des dépôts à -0.40 % contre -0.30 % qui est la décision principale, mais bien l’augmentation de son programme de rachat et le programme de TLTRO.

La BCE n’est pas là pour soutenir artificiellement les bourses, mais uniquement là pour soutenir le crédit et s’enfoncer inexorablement en territoire négatif ne résout rien. D’ailleurs Mario Draghi l’a clairement laissé entendre « cela veut-il dire que nous pouvons nous enfoncer en territoire négatif aussi longtemps que nous le voulons sans aucune conséquence négative pour le système bancaire ? la réponse est non ».

Je me réjouis donc que la BCE ait donné une limite à la baisse des taux en territoire négatif et qu’elle ne rentre pas en concurrence avec les autres banques centrales qui appliquent des taux encore plus négatifs.

Le seul élément négatif, sans jeu de mot, est la remontée de l’euro qui à terme viendrait évidemment exercer une pression à la baisse sur l’inflation dans la zone euro. Tant que l’on reste dans les niveaux actuels, l’impact sera limité, mais une hausse vers les 1.15 aura un effet négatif en termes d’inflation.

Le Japon s’enfonce

La banque du Japon, qui s’interroge aussi sur la pertinence des taux négatifs, est confrontée à de nombreux signes de ralentissement.

Dernier en date, le sentiment de confiance des grandes entreprises a chuté de 3.8 pour la période d’octobre à décembre à -7.9 pour la période de janvier à mars. Ce recul est la conséquence de la fermeté du yen et de la faiblesse des exportations. Et ce chiffre peut faire craindre un premier trimestre négatif dans le sillage du dernier trimestre de 2015.

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