En attendant … Mario

Posté le 10 mars 2016
FRANKFURT, GERMANY - AUG 23: The Famous Big Euro Sign at the European Central Bank on August 23, 2012 in Frankfurt, Germany. The bank was established by the Treaty of Amsterdam in 1998.

FRANKFURT, GERMANY – AUG 23: The Famous Big Euro Sign at the European Central Bank on August 23, 2012 in Frankfurt, Germany. The bank was established by the Treaty of Amsterdam in 1998.

Dire que l’attente est forte à quelques heures de la réunion de la BCE est inexact, l’attente est énorme.

Super Mario

Et surtout Mario Draghi ne peut pas décevoir cette attente au risque de provoquer une réaction brutale des marchés.

Nous allons devoir apprendre à vivre dans un monde  de taux de plus en plus négatifs et surtout pendant longtemps probablement.

Sur les échéances courtes (tout est relatif quand on parle d’une échéance à 7 ans), comme le montre le graphe, les rendements sont négatifs dans une série de pays et ce mouvement devrait s’accentuer.

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Que va faire Mario Draghi ? Très probablement encore abaisser le taux de dépôt des banques à -0.40% contre -0.30%. Toute la question est de savoir s’il va augmenter le montant des achats mensuels qui s’élèvent actuellement à 60 milliards d’euros.  La probabilité d’une augmentation de ce montant est de 68%. Il pourrait aussi élargir le type d’actif qui ferait l’objet de ce programme de rachat. Et dernier point, faire sauter la contrainte qu’il s’est lui-même imposé de ne pas acheter des obligations dont le rendement est inférieur au taux de dépôt des banques.

Vous l’avez compris l’enjeu est de taille et le risque énorme de décevoir aussi. En plus, Mario Draghi devra obtenir le consensus des autres membres de la BCE s’il veut être crédible.

Et cette plongée en territoire de plus en plus négatif pose évidemment beaucoup de questions et fait peur car comme le soulignait Stanilasw Jerzy Lec « Je ne suis pas d’accord avec les mathématiques. Je considère qu’une somme de zéros donne un nombre menaçant. »

La Nouvelle-Zélande

La banque centrale de Nouvelle-Zélande est encore loin des taux zéro, mais elle a quand même surpris les marchés en abaissant son taux directeur. Ce dernier a été ramené à 2.25% en baisse de 0.25%, soit son niveau historique le plus bas.

Le gouverneur de la banque centrale a justifié sa décision par le ralentissement en Chine et les risques de dévaluation du yuan qui pourrait enclencher une guerre des devises. Cette décision a poussé le dollar néo-zélandais à la baisse par rapport au dollar surtout que la banque centrale laisse la porte ouverte a encore d’autres baisses de taux si nécessaire.

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Avec le recul attendu de l’inflation, la banque centrale indienne pourrait aussi procéder en avril à une baisse de taux pour soutenir la croissance.

Inflation en Chine

L’inflation en Chine a connu un rebond significatif à 2.3% contre 1.8%, soit son niveau le plus élevé depuis juillet 2014. Cette hausse s’explique en partie par la hausse des prix des produits alimentaires durant le Nouvel An et la remontée du prix du baril. Mais elle ne signifie nullement une inversion de tendance vu le niveau négatif des prix à la production (-4.9% contre -5.3%)  et les surcapacités dans de nombreux secteurs.

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