Des devises sous pression

Posté le 25 février 2016
Christ, symbol of Rio de Janeiro, standing on top of Corcovado Hill, overlooking Guanabara Bay and Sugarloaf, Rio de Janeiro, Brazil

Christ, symbol of Rio de Janeiro, standing on top of Corcovado Hill, overlooking Guanabara Bay and Sugarloaf, Rio de Janeiro, Brazil

 

J’évoquais hier l’inextricable situation dans laquelle se trouvait l’économie brésilienne.

Le Brésil

L’économie brésilienne est plongée dans une récession marquée en plus d’une forte hausse de l’inflation avec en prime des scandales politico-financiers.

Après S&P et Fitch, Moody’s a également dégradé le rating du Brésil et même de façon violente en l’abaissant de deux crans. Ainsi le rating du Brésil est passé de Baa3 à Ba2, soit dans la catégorie spéculative et en plus en lui donnant une perspective négative. Pour justifier sa décision, Moody’s craint une dégradation de la dette suite à l’absence de reprise dans les 3 prochaines années dans un contexte politique difficile.

Le real brésilien qui avait déjà atteint son niveau le plus bas par rapport au dollar (voir graphe), pourrait encore être mis plus sous pression et les investisseurs pourraient encore plus se détourner du Brésil, Jeux olympiques ou pas.

graphe20160225

Le sterling

Les craintes d’un Brexit continuent de peser lourdement sur le sterling qui se traite à 0.7920 par rapport à l’euro et qui se situe à son niveau le plus bas depuis 7 ans par rapport au dollar.

Il faut dire que les conséquences seraient désastreuses et HSBC a estimé qu’un Brexit entrainerait une chute de 15 % du sterling.

La liquidité et les taux négatifs

Un large débat agite les économistes sur la pertinence de pratiquer une politique de taux négatif et sur l’injection massive de liquidité. Pour une explication plus détaillée sur la création monétaire, je vous renvoie vers un article qui résume bien les choses. http://moneystore.be/2016/le-club-des-sages/questce-cration-montaire

Si l’on se focalise sur la BCE, alors que l’on attend la confirmation que l’inflation de base ne devrait pas évoluer et rester à 1 %, comme le montre le graphe, les liquidités ont fortement augmenté depuis le lancement du programme d’assouplissement quantitatif.

graphe20160225b

Et combiné à cette injection, elle a abaissé le taux des dépôts des banques à -0.30 %. Mais cette baisse des taux en territoire négatif pénalise fortement les banques et érode leur rentabilité, alors même que les autres mesures de la BCE tablent sur les banques pour soutenir l’économie. Situation assez schizophrénique qui pousse la BCE à s’interroger sur une adaptation du taux des dépôts des banques. Elle pourrait appliquer un taux très pénalisant pour les dépôts qui dépassent un certain multiple des réserves obligatoires des banques ou exempter de pénalité le cash emprunté dans le cadre du TLTRO (prêts aux banques à condition qu’elles prêtent au secteur non financier).

Ces différentes options ont été discutées en décembre et feront donc l’objet de nouvelles discussions lors de la réunion du 10 mars prochain.

Le débat sur les taux agite toujours aussi les membres de la FED, mais sur l’opportunité de la hausse. Deux de ces membres se sont exprimés en faveur d’une hausse dans un contexte économique qui reste positif.

tableaux20160225