USA, pas de hausse de taux en vue avant un moment

Posté le 11 février 2016

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Janet Yellen a gardé le cap tout en rassurant les marchés sur l’état de l’économie américaine.

Exercice d’équilibriste

Elle se devait d’une part de rassurer sur l’état de l’économie américaine tout en laissant ouverte la porte de la hausse des taux. Elle constate que « les gains en cours sur l’emploi et une accélération de la croissance des salaires devraient soutenir la croissance des revenus réels et ainsi la dépense des ménages ».

Mais d’un autre côté, elle ne pouvait pas faire abstraction du contexte international. Elle a souligné que les risques actuels pourraient peser sur les perspectives de croissance aux États-Unis. Elle pointe comme risque la nouvelle orientation de la politique chinoise en matière de change, la chute des marchés boursiers et le risque crédit.

Ces propos ont dans un premier temps rassuré la bourse américaine et permis au dollar de se renforcer avant de connaitre un retournement de la bourse et une baisse du dollar avec un niveau de 1.13 par rapport à l’euro ce matin.

La hausse des taux aux États-Unis s’éloigne donc et non seulement n’aura pas lieu en mars, mais pas plus en juin et les rendements ont reculé avec celui du treasury 10 ans à 1.67 %.

Quand on observe le différentiel de taux entre le treasury 10 ans et le treasury 2 ans, on constate la chute vertigineuse de cet écart et qu’il se situe à son niveau le plus faible depuis 2007, soit juste avant la crise financière. Nous ne sommes pas encore dans la situation d’une inversion de la courbe, à savoir un rendement à court terme supérieur au rendement à long terme, mais cette évolution est un signal important.

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Le yen continue de se renforcer

Le Nikkei étant fermé il ne pourra pas réagir à la nouvelle hausse du yen par rapport au dollar comme le montre le graphe. Cette hausse du yen sonne comme un désaveu de la politique du premier ministre Abe et pourrait venir lourdement peser sur la croissance de l’économie japonaise.

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L’industrie manufacturière

Ce ralentissement risque aussi de s’observer en Europe après les chiffres décevants de la production industrielle. Après un recul de la production industrielle en Allemagne de -1.2 %, de celle en France de -1.6 % et de -1.1 % en Grande-Bretagne, les chiffres de croissance au dernier trimestre 2015 risquent fort d’être décevants.

Certes, le recul de la production d’énergie, vu l’hiver doux que nous avons connu, explique en partie ces chiffres décevants, mais le mouvement est général et le ralentissement observé dans les pays émergents pèse inéluctablement sur la production dans les pays industrialisés.

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