Quand un bon indicateur devient mauvais pour les marchés !

Posté le 8 février 2016

41220

Les chiffres du chômage aux États-Unis ont mis de l’incertitude sur de l’incertitude et comme l’a écrit Boris Vian « une solution qui vous démolit vaut mieux que n’importe quelle incertitude ».

Le chômage

Il ne faut pas s’arrêter simplement au chiffre des créations d’emploi, qui n’ont été que de 151.000 contre une moyenne de 231.000 ces quatre derniers mois. D’abord, parce qu’il faut 100.000 créations d’emploi par mois pour absorber les nouveaux entrants sur le marché de l’emploi, et donc 151.000 est largement suffisant (voir l’historique des créations d’emploi sur une longue période). Et qu’en plus le secteur manufacturier a créé 29.000 emplois malgré un contexte compliqué.

graphe20160208b

Ensuite, parce que le taux de chômage a reculé à 4.9 % soit son niveau le plus bas depuis février 2008. Autre élément important, le taux d’emploi ou taux de participation amorce une légère hausse à 62.7 %. Et dernier point, la hausse des salaires s’est accélérée avec une hausse sur un an de 2.5 %.

graphe20160208

L’ensemble de ces données a relancé les perspectives d’une hausse des taux aux États-Unis et est  venu ébranler les derniers espoirs de voir la FED garder le statu quo monétaire. Alors que les marchés boursiers s’étaient accrochés à cette perspective comme à une bouée, voilà qu’elle se dégonfle sous leurs yeux.

Autant dire que les auditions de Janet Yellen devant le Congrès cette semaine revêtiront une importance cruciale sur la suite du mouvement sur les taux.

Le Nouvel An chinois

Le Nouvel An n’a nullement endigué, bien au contraire, le reflux des réserves de change de la Chine. Ces dernières ont diminué de 99.5 milliards de dollars pour s’établir à 3.230 milliards de dollars, soit le niveau le plus bas depuis mai 2012.

Même si le montant reste conséquent, ces réserves ont quand même diminué de 513 milliards de dollars en 2015 suite à la volonté des autorités de soutenir le yuan après les dévaluations du mois d’août.

Les limites de la BCE

Un article commun du gouverneur de la Banque de France et de la Bundesbank résonne ce matin comme un appel à plus d’Europe au moment où les négociations pour éviter le Brexit se déroulent.

Dans cet article, le français et l’allemand plaident pour la création d’un ministre des finances pour la zone euro et insistent sur le fait que la BCE seule n’est pas en mesure d’assurer une croissance soutenable sur le long terme dans la zone euro.

Les défis pour l’Europe sont énormes en particulier pour la zone euro, mais elle doit réussir si elle veut pouvoir continuer à avancer et il faut aller vers plus d’intégration plutôt que moins. Et 2016 est vraiment l’année de tous les dangers.

tableaux20160208