Taux à zéro ou presque et après ?

Posté le 5 février 2016

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Un nouveau round des banques centrales se dessine, soit par une attitude de statu quo alors qu’elles préparaient une hausse, soit par une baisse des taux.

La BOJ

En franchissant la porte des taux négatifs, la banque du Japon a ouvert toute grande la possibilité d’aller encore plus loin. Vu l’absence d’inflation et le peu d’effet des mesures qui ont été prises jusqu’à présent, le marché intègre de nouvelles baisses comme le montre le graphe du rendement de l’obligation japonaise à 10 ans qui approche le seuil des 0 %.

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La BOE

La banque d’Angleterre a définitivement fermé la porte à une hausse des taux en 2016 en révisant à la baisse ses perspectives de croissance. Pour cette année, elle table sur une croissance de 2.2 % contre 2.5 % précédemment et de 2.3 % en 2017 contre 2.6 % précédemment.

Mais surtout, elle table sur un taux d’inflation qui devrait rester inférieur à 1 % tout au long de 2016 en constatant « qu’une période d’inflation basse plus prolongée laisse penser que l’accélération du rythme des hausses salariales sera dans un premier temps moins sensible qu’on ne le pensait jusqu’alors ».

Et dernier indicateur qui ne trompe pas, le seul membre qui était en faveur d’une hausse des taux a renoncé lors de la dernière réunion. Conséquence, le sterling a reculé par rapport à l’euro et approche le niveau des 0.77.

La FED

Le recul du rendement du treasury 2 ans (voir graphe) explique à lui seul que le marché table sur une hausse très modeste des taux cette année.

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La publication des chiffres sur le marché de l’emploi cet après-midi ne devrait pas changer la perception. Le taux de chômage devrait rester inchangé à 5 %, avec 190.000 créations d’emploi contre 292.000 le mois passé.

Si ce chiffre est confirmé, il n’est absolument pas mauvais, mais plusieurs indicateurs ont montré un ralentissement significatif. Dernier en date, le recul de -2.9 % des commandes à l’industrie en décembre soit le plus fort recul depuis un an. Le recul du dollar avec un niveau de 1.12 par rapport à l’euro reflète déjà la perspective d’une hausse plus faible des taux.

La BCE

Mario Draghi l’a suffisamment martelé, lors de la prochaine réunion il faut s’attendre à de nouvelles mesures dont certainement une baisse des taux.

Les révisions à la baisse des perspectives de croissance de la part de la Commission, mais surtout de l’inflation, ont encore un peu plus renforcé les attentes de baisse de taux de la part de la BCE.

La Commission a revu le taux de croissance à 1.7 % contre 1.8 % précédemment, et pour l’inflation à 0.5 % contre 1 % précédemment en 2016.

Mais la question de l’utilité d’encore abaisser les taux se pose vu le niveau déjà atteint et surtout la très faible efficacité de cette politique jusqu’à présent.

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