L’attentisme est de nouveau de mise

Posté le 4 février 2016
Test tubes in metal rack on circuit board

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Les marchés boursiers sont comme le « Modern Express », leur navigation ne tient qu’à un fil, et ils se sont trouvés déséquilibrés par le pétrole.

Report de la décision de la FED

Ce déséquilibre provoqué par le pétrole (avec de nouveau un bond de plus de 8 % sur une seule journée) pourrait inciter la FED à retarder ses hausses de taux. Et c’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le recul du dollar par rapport à l’ensemble des devises.

Malgré la création de 205.000 emplois dans le secteur privé aux États-Unis, ce qui augure d’un bon chiffre demain, les indices de confiance en recul plaident aussi pour un statu quo prolongé de la part de la FED.

Après celui de l’industrie manufacturière, celui des services a reculé à 53.5 contre 55.8. Il est ainsi revenu à son niveau le plus bas depuis février 2014 ce qui confirme le ralentissement de la croissance observé fin de l’année passée.

Contraste aussi en zone euro

Le recul du chômage dans la zone euro est un facteur essentiel de soutien à la croissance, car il augure d’une hausse de la consommation intérieure. D’ailleurs, les ventes de détail dans la zone euro ont progressé de 0.3 % en décembre soit une hausse de 1.4 % sur un an.

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Sur un an, les plus fortes progressions ont été relevées en Roumanie, en Irlande et en Estonie, et à contrario, les plus faibles au Portugal, au Danemark et en Belgique (-1.2 %).

Mais par contre, après le recul des indices PMI manufacturier, la zone euro est aussi confrontée à un ralentissement de l’indice PMI non manufacturier. Ce dernier a reculé à 53.6 contre 54.2, soit son niveau le plus bas depuis 1 an. L’indice composite est donc en recul à 53.6 contre 54.3, mais le plus inquiétant est le recul de la composante des prix qui accentue son recul à 48.9 contre 49.5.

Le recul du secteur des services est d’autant plus interpellant que son poids dans les économies est beaucoup plus important. Ainsi, en Chine, il a contribué à 50.5 % du PIB en 2015, et au Japon 65 % du PIB.

Les mesures de la BCE semblent désespérément inefficaces pour relancer l’inflation et le spectre de la déflation vient de nouveau hanter les marchés. L’attente des marchés pour une nouvelle intervention de la part de la BCE en mars s’est donc encore accrue et le risque de connaitre une déception comme en décembre augmente de jour en jour. Pas étonnant que le rendement du Bund 10 ans continue de reculer avec un niveau de 0.28 % ce matin.

Dans les mesures possibles que la BCE pourrait prendre en mars, on évoque une nouvelle baisse du taux des dépôts des banques auprès de cette dernière. Ce taux se situe actuellement à -0.30 % et sert de taux de référence en deçà duquel la BCE ne peut plus acheter d’obligations d’État dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif. Ce qui dans les faits signifie qu’elle ne peut plus acheter de l’obligation belge en dessous de 5 ans, ni d’obligations allemandes en dessous de 6 ans ou encore d’obligations néerlandaises en dessous des 5 ans. Le fait de réduire encore ce taux permettrait donc à la BCE d’élargir à nouveau son scoop d’obligations qu’elle pourrait racheter sur le marché secondaire.

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