La fuite en avant des producteurs de pétrole

Posté le 26 janvier 2016

Red Square at the evening, Moscow, Russia

C’est décidément le pétrole qui fait la pluie et le beau temps sur les bourses. (La bourse chinoise a terminé sur un recul de -6.38%).

Nouvelle rechute

La nouvelle rechute du prix du baril sous les 30 $ a provoqué un recul généralisé des bourses. Et ce lien est tellement fort que l’on peut prédire l’évolution que vont prendre les actions rien qu’en regardant les cours du pétrole. Et c’est toujours la conséquence d’un excédent de l’offre de la part des producteurs qui pratiquent une course en avant désespérée pour essayer de maintenir leurs revenus. Ainsi, l’Iraq a annoncé avoir atteint en décembre une production record de 4.13 millions de barils par jour contre 3.66 millions le mois passé.

L’impact négatif de la baisse du prix du baril préoccupe beaucoup plus les investisseurs que l’impact positif qu’il peut avoir pour le consommateur.

La Russie est un exemple parmi d’autres de cet impact négatif. Le PIB a reculé de -3.7 % en 2015. Et les perspectives restent encore extrêmement négatives pour 2016 si le pétrole ne se raffermit pas.

Non seulement la pression sur le rouble ne faiblit pas (voir graphe contre dollar), mais d’autres indicateurs montrent l’ampleur du ralentissement. Sur un an, les ventes de détail ont chuté de -15.3 %, les investissements ont reculé de -8.7 % et les salaires réels ont baissé de -10 %.

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En plus, les sanctions empêchent les banques russes d’avoir accès au marché international des capitaux, et ces dernières ne peuvent dès lors plus fournir des prêts aux entreprises.

L’indice IFO

Inexorablement, le climat s’alourdit et l’indice IFO ne fait pas exception à la règle et a connu un léger tassement (voir graphe) en passant de 108.6 à 107.3. Si la confiance demeure sur le marché intérieur, en revanche, les entreprises s’inquiètent de leur perspective d’exportation vers les marchés émergents.

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Et les intentions de la BCE de tout faire, comme l’a rappelé Mario Draghi, pour augmenter l’inflation ne sont plus suffisantes aux yeux des entreprises. Car dans les faits, des taux d’intérêt au plancher et un prix du baril faible ne suffisent pas à amener une croissance significative dans la zone euro.

Aux États-Unis

La confiance des consommateurs est attendue stable à 96.5, et l’indice PMI des services stable également avec un secteur immobilier qui reste soutenu. Selon l’indice S&P Case Shiller, le prix moyen d’une maison aurait augmenté de 5.7 % sur un an. Mais la FED devra intégrer le ralentissement de l’industrie manufacturière et surtout le contexte global dans sa décision.

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