Les vraies raisons de la poussée du FN ?

Posté le 10 décembre 2015
beautiful view of Paris, France

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Dimanche dernier, la France a franchi un pas tout aussi historique que prévisible à plusieurs égards. Depuis lors, règne dans l’Hexagone un climat teinté  d’incompréhension, de sang-froid, d’enjeux et d’opportunisme. Car le débat fait rage autour des raisons de la forte poussée du FN aux élections régionales. Tour à tour, les uns accusent les autres avec en toile de fond d’éventuelles coalitions. Au premier rang des inculpés, les partis politiques, les médias, les migrants, les attentats, Daesh, Schengen,… et j’en passe.

Nul ne peut nier que les évènements tragiques du 13 novembre dernier et le flux migratoire de l’été ont eu un impact sur cette poussée de l’extrême droite. Mais il est un acteur dont la part d’ombre est probablement sous-estimée et ce depuis plusieurs années ; un contexte économique français défaillant qui déstabilise encore un peu plus la population française, d’autant plus à l’heure de faire des choix.

Le chômage en première ligne

J’ai repris comme donnée de base les résultats, en part des voix, du FN lors des différentes élections en France ces dernières années.

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Sans revenir sur la récurrente mais inaboutie promesse d’inversion de la courbe du chômage, il faut constater que plus le taux de chômage a augmenté plus l’encrage du FN s’est accentué.

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(les points rouge sont les parts en voix du tableau ci-dessus)

Le constat est encore plus marquant lorsqu’on compare l’évolution du taux de chômage par rapport à celui de l’Allemagne et même par rapport à la zone euro. Sur le dernier mois, le taux de chômage de la zone euro est même passé sous celui de la France.

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Ce chômage structurel si élevé ne fait évidemment qu’accroître la précarisation d’une partie de plus en plus importante de la population. Ce climat négatif devient dès lors un terreau idéal pour un discours simpliste et extrême.

Des affaires en berne

Cette absence d’amélioration du marché de l’emploi est indissociable d’un climat d’affaires indéniablement morose en France ces dernières années.

Si l’on compare l’évolution de cet indice dans la zone euro et en Allemagne par rapport à celui de la France, force est de constater que cette dernière a navigué quasiment en-dessous du seuil des 50 pendant une période plus longue et que le recul a été plus marqué durant la crise. Or, sous ce seuil, s’installe un risque de contraction de l’économie. Et cette divergence s’est marquée sur ces trois dernières années, une période qui a également vu l’envolée du FN.  Dans ce contexte, ce n’est donc pas étonnant que le FN tienne un discours qui interpelle la classe ouvrière avec les conséquences que l’on sait.

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Le contexte économique n’est donc jamais innocent à l’heure de tirer le bilan d’une gouvernance et 2015 ne fait pas exception en France. A cette heure, un français sur trois a pris parti pour les extrêmes et pourrait réitérer ses intentions dans quelques jours.