Les matières premières perturbent les marchés

Posté le 10 décembre 2015

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La banque centrale de Nouvelle-Zélande a bien réduit de 25 bp son taux central pour le ramener à 2.50 %

Taux plancher

Cette baisse est probablement la dernière et le taux directeur devrait rester inchangé jusqu’au début 2017 après trois baisses cette année. Le taux d’inflation devrait revenir dans les objectifs de la banque centrale en 2016, ce qui justifierait un statu quo.

Renforcement des devises

Le dollar néo-zélandais s’est renforcé par rapport à l’euro en passant de 1.6436 à 1.6340 et par rapport au dollar dans la perspective d’une absence de nouvelle baisse de taux.

Le dollar australien s’est aussi renforcé après des chiffres du chômage qui ont surpris très positivement. Le statu quo de la banque centrale prend dès lors tout son sens après ces chiffres et cette perspective devrait arrêter l’hémorragie de la devise.

L’économie australienne, en novembre, a créé 71.400 emplois contre une prévision de -10.000, soit la plus forte création d’emploi depuis 15 ans. Le taux de chômage est tombé à 5.8 % contre 5.9 %, et le taux de participation a augmenté à son niveau le plus élevé depuis 2012 à 65.3.

Les variations d’un mois à l’autre sont extrêmement perturbantes et ne permettent pas de se faire une idée précise de la situation en Australie. D’autant plus que la croissance ne devrait être que de 2.5 % cette année contre une croissance potentielle entre 3 % et 3.25 %.

Le Brésil s’enfonce

Après S&P, qui a abaissé le rating du Brésil en « junk bond », Moody’s pourrait suivre. C’est en tout cas ce qu’a déclaré Moody’s qui a mis le Brésil sous révision en vue d’une possible baisse de rating.

Moody’s pointe évidemment le risque politique avec la procédure lancée contre Dilma Rousseff, mais aussi la détérioration rapide de la situation économique, la baisse des prix des matières premières et les sorties de capitaux.

Il faut dire que le Brésil devrait afficher un recul de -4.5 % de son PIB en 2015 avec un taux d’inflation qui avoisine les 10 %. Le Real brésilien, qui avait atteint son niveau le plus bas par rapport au dollar après la décision de S&P, (voir le graphe avec la pointe au mois de septembre) a peu réagi après cette annonce.

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L’impact du prix du pétrole

Autre pays en forte difficulté à cause de la baisse du prix des matières premières et en particulier le pétrole est le Vénézuéla.

Selon son président, l’inflation devrait atteindre les 100 % cette année avec une contraction de -4 % du PIB. Mais ce constat semble encore trop optimiste et le FMI table plutôt sur une baisse de -10 % du PIB cette année.

La forte pression à la baisse sur les prix des matières premières perturbe fortement les marchés en cette fin d’année. Les bourses font l’objet de dégagements prudentiels dans l’attente de la décision de la FED. Et le dollar se tasse un peu étant dans une certaine expectative.

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