Mario n’est plus super ?

Posté le 4 décembre 2015

5117

Je pourrais reprendre le début de mon commentaire d’hier, « le risque majeur est que Mario Draghi déçoive les marchés tellement l’attente est forte ».

La déception

Et le mot est faible quand on voit la réaction des marchés, avec d’abord une forte baisse des bourses européennes, qui ont entrainé dans leur sillage toutes les autres bourses. Mais c’est sans doute la réaction sur le change et sur les taux où le mouvement a été le plus violent avec une forte hausse de l’euro et une forte hausse des rendements.

Si l’on reprend notre graphe d’évolution du différentiel de taux entre le treasury 10 ans et le bund 10 ans, on observe le fort recul de ce spread (ligne foncée), et de façon concomitante le renforcement de l’euro, qui est passé de 1.06 à 1.0925.

graphe20151204

Vous pouvez retrouver mes commentaires à chaud hier soir dans Soir Première – Eco sur cette déception des marchés.

http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=2064917&channel=lapremiere

Les mesures prises par Mario Draghi

On ne peut pas dire que la BCE n’a pas pris de nouvelles mesures, mais l’ampleur de ces dernières est restée largement insuffisante par rapport aux attentes.

Comme convenu, le taux des dépôts des banques auprès de la BCE a été abaissé à -0.30 % contre -0.20 %. Mais par contre, le montant des achats mensuels d’obligations n’a pas été modifié et reste de 60 milliards d’euros (voir le graphe des achats déjà effectué).

graphe20151204b

La deuxième déception vient du fait que ce programme de rachat n’a été prolongé que jusqu’en mars 2017 au lieu de septembre 2016, alors que l’on tablait sur une prolongation au moins d’un an ou sans limite dans le temps.

Pour autant, la BCE se laisse une marge de manœuvre pour pouvoir agir si les conditions se dégradent alors qu’elle table sur un taux d’inflation à 0.1 % seulement en 2015 et de 1 % en 2016 et 1.6 % en 2017.

Le chômage aux États-Unis

Nouvelle journée et nouvelle attente. C’est dans ce contexte d’extrême volatilité que vont être publiés les chiffres aux États-Unis. Le taux de chômage devrait rester inchangé à 5 % avec 200.000 créations d’emploi.

Mais la hausse des taux est maintenant complètement intégrée après les dernières déclarations de Janet Yellen. « Je juge actuellement que la croissance économique américaine devrait être suffisante au cours de l’année ou des deux ans à venir pour se traduire par une poursuite de l’amélioration du marché du travail ». Et sans doute encore plus important « s’il s’agit simplement de fournir un emploi à ceux qui entrent sur le marché du travail, un peu moins de 100.000 créations d’emploi suffisent ».

tableaux20151204