Question de crédibilité

Posté le 20 novembre 2015

Blog 16117

Après les minutes de la dernière réunion de la FED qui ont quasi confirmé la hausse des taux, c’est au tour de la BCE d’envoyer un message sans ambiguïté sur ses intentions.

Ce message a été distillé par le chief economist de la BCE, Peter Praet, qui a estimé qu’il en allait de la crédibilité de la BCE si elle ne parvenait pas à atteindre son objectif d’inflation. Pour lui « à un certain point vous avez un problème de crédibilité et cela signifie que vous avez toujours un risque que les marchés et les ménages revoient leurs attentes d’inflation à la baisse ».

La BCE va encore agir

Il est donc clair que la BCE, lors de sa prochaine réunion, le 3 décembre, ne pourra qu’assouplir encore un peu plus sa politique monétaire. Car sinon elle perdrait toute crédibilité, comme l’a perdu le Beaujolais avec le Beaujolais nouveau ou le Muscadet en produisant de la quantité sans se soucier de la qualité.

Dans cette perspective, les rendements obligataires ont reculé avec un rendement du bund 10 ans à 0.49 %, et surtout, comme le montre le graphe, un rendement du bund 5 ans négatif et quasiment à son plus bas historique.

graphe20151120

Pas de changement pour la BOE

Par contre, il est de plus en plus évident que malgré une croissance robuste, la banque d’Angleterre ne va pas augmenter ses taux de sitôt. Essentiellement parce que l’inflation reste désespérément basse et qu’il est donc aussi question de crédibilité de sa part si elle veut voir cette dernière revenir à son objectif. Mais aussi parce que certains indicateurs montrent un certain essoufflement. Ainsi, les ventes de détail ont reculé de -0.6 % en octobre contre 1.7 %, soit sur un an une croissance de 3.8 % contre 6.2 %. L’effet Coupe du Monde de rugby s’estompe dans les ventes et l’industrie a revu à la baisse ses perspectives.

L’indice Baltic Dry Index

Cet indice, qui mesure les coûts globaux du fret marin, est tombé à son plus bas historique avec une forte baisse ces derniers mois. Ce mouvement reflète évidemment le recul des prix des matières premières ainsi que le ralentissement du commerce mondial. Cela exerce une pression à la baisse sur l’inflation et pose la question de crédibilité dont parlait Peter Praet.

graphe20151120b

tableaux20151120