L’OCDE jette un froid

Posté le 10 novembre 2015

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J’évoquais hier la divergence qui se dessinait de plus en plus entre les économies, et l’OCDE dans ses prévisions de croissance fait évidemment le même constat. Elle s’inquiète du ralentissement de la croissance du commerce mondial (voir graphe), et de l’affaiblissement des pays émergents.

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Ces deux facteurs pèseront sur la croissance mondiale, revue à la baisse à 2.9 % cette année contre 3 %, et à 3.3 % en 2016 contre 3.6 %. Pour les États-Unis, l’OCDE ne change pratiquement pas ses prévisions ni pour la zone euro ou simplement à la marge, tout en mettant en évidence des politiques monétaires qui vont de plus en plus diverger.

La BCE prête à encore agir

D’ailleurs, alors que la hausse des taux est imminente aux États-Unis, la BCE réfléchit sérieusement à réduire encore le taux des dépôts des banques auprès de cette dernière. Ce taux qui est actuellement de -0.20 % pourrait être abaissé de 0.10 % vu la faiblesse de l’inflation et le fait que d’autres banques centrales pratiquent déjà des taux négatifs plus conséquents.

La faiblesse de l’inflation

Il n’y a pas qu’en zone euro que l’inflation soit trop basse. La Chine a vu son inflation encore reculer à 1.3 % contre 1.6 % sur un an suite à un recul de -0.1 % sur le mois d’octobre. Et dans le même temps, l’indice des prix à la production a reculé sur un an de -5.9 % reflétant la faiblesse de la demande intérieure et des problèmes de surcapacité de production. Elément positif, ce recul de l’inflation laisse de la place pour une nouvelle baisse des taux ce qui pourrait apporter un soutien à la croissance.

En Norvège, l’inflation est attendue à 0.3 % en octobre contre 0.6 % le mois précédent, soit un taux annuel de 2.3 % contre 2.1 %. Une baisse des taux en Norvège n’est pas exclue dans un contexte où le prix du baril ne décolle pas et où les pays limitrophes pratiquent des politiques monétaires agressives.

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