Janet Yellen ne peut plus faire marche arrière

Posté le 5 novembre 2015

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Chaque jour est un pas de plus vers la hausse des taux aux États-Unis et la probabilité, qui était de 50 % est passée à 60 %, après les propos de Janet Yellen. Il va être quasiment impossible de ne pas monter les taux après ses propos devant le Congrès hier. Elle a en effet déclaré que « ce à quoi s’attend le comité, c’est à ce que l’économie continue de croître à un rythme suffisant pour permettre une poursuite de l’amélioration du marché du travail et un retour de l’inflation à notre objectif de 2 % à moyen terme, et si les données à venir soutiennent cette anticipation, décembre sera une possibilité pour le relever les taux courts ».

La hausse des taux se poursuit

Si l’on reprend le graphe d’hier avec l’évolution du différentiel de taux entre le treasury 2 ans et le bund 2 ans on constate que ce dernier est passé de 1.07 % à 1.14 %, et que dans le même temps le dollar s’est encore renforcé avec un niveau de 1.0870 par rapport à l’euro.

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Il faut dire que les statistiques aux États-Unis continuent de se révéler être positives avec entre autres un recul du déficit commercial américain. Ce dernier est passé de -48 milliards de dollars à – 40.8 milliards avec une hausse de 1.6 % des exportations et un recul de -1.8 % des importations. Le dollar fort semble être nettement moins pénalisant pour les exportations. Autre donnée positive, les créations d’emploi dans le secteur privé se sont élevées à 182.000, chiffre de bon augure pour les chiffres du chômage demain. Le graphe de l’évolution du rendement du treasury 2 ans, qui se situe à 0.83 %, soit son niveau le plus élevé depuis avril 2011, montre la hausse très sensible observée ces derniers jours.

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La faiblesse des prix en zone euro

Mais si le différentiel de taux s’élargit, cela tient aussi aux perspectives de baisse de taux en zone euro. Le recul de -0.3 % des prix à la production dans la zone euro, soit sur un an un recul de -3.1 % (voir graphe), renforce le sentiment que l’inflation ne va pas redécoller en zone euro. Ce recul des prix à la production a été observé dans la majorité des pays avec seulement trois exceptions, la France, Malte et la Belgique. Et les indices PMI des services en zone euro ont confirmé leur stabilisation, avec des indices composites stables, mais avec la composante prix à la production en recul.

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